Des « objets de pouvoir » au Cameroun, dépouillés de leur pouvoir en Allemagne

#Cameroun #Allemagne #colonisation #pouvoir

13 janvier 2024

 

Par Mikaél Assilkinga

Chercheur en histoire coloniale.
Membre de l’équipe de recherche Provenance Inversée,
Université Technique de Berlin (TUB)/ Université de Dschang (Uds)

Les objets de pouvoir du patrimoine culturel camerounais (épées, trônes, portes etc.) devenus objets de musée dans les anciennes puissances coloniales (ici en Allemagne), portent les traces de l’histoire et d’une longue lutte de l’Allemagne coloniale contre les puissances locales. Ils passent par de nombreux ordres et deviennent porteurs de signification à plusieurs niveaux
Initialement simples objets de musée, ils prennent une nouvelle signification du fait des négociations de restitution, encore aujourd’hui très intenses.

En 1916, l’Allemagne a perdu ses colonies et le Cameroun est devenu, pour un peu moins d’un demi-siècle, un protectorat français et anglais. Le 1er janvier 1960, jour de l’indépendance du Cameroun, marque la fin d’une longue période de colonisation européenne. Mais en réalité celle-ci perdure, car la forme de l’État et les frontières du Cameroun actuel - qui n’a jamais été un territoire bien défini - sont, elles aussi, un héritage colonial.

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Évolution du territoire camerounais après la défaite allemande (Première Guerre mondiale).
Carte : Philippe Rekacewicz

Les dénominations des quatre sphères culturelles selon lesquelles le Cameroun est habituellement divisé ont, par exemple, été créées pendant la période coloniale [1] : « Fang-Beti » (régions administratives du Centre, du Sud et de l’Est), « Sawa » (Littoral, Sud-Ouest), « Grassland » (Nord-Ouest, Ouest) et « Soudano-Sahélien » (Adamaoua, Nord et Extrême-Nord).

[insérer ici la carte des sphères culturelles du Cameroun]

Un autre exemple de continuité coloniale, auquel nous nous attacherons particulièrement dans ce texte, est celui du patrimoine culturel camerounais, aujourd’hui encore conservé dans les musées des anciennes puissances coloniales. La France et l’Angleterre, mais surtout en Allemagne, où il joue une sorte de « rôle de substitut » pour le « pays perdu ». Ce rôle est particulièrement complexe lorsque les pièces conservées dans des musées européens sont des statues royales, des trônes, des régalia (i.e. ensembles d’objets symboliques de la royauté), des armes de prestige. Il s’agissait pour les puissances coloniales de priver les chefs (en l’occurrence les dirigeants locaux au Cameroun) à la fois des symboles du pouvoir et du pouvoir lui-même — et donc éventuellement de s’en emparer. Bien que pleinement conscient du malaise terminologique, je les nomme des « objets de pouvoir » (objects of power) car, pour ceux à qui ils ont été arrachés, la plupart n’étaient pas des choses « passives ». Le mot « objet » vient d’ailleurs du latin objectum, qui signifie "ce qui est placé devant l’esprit". Ces objets étaient considérés comme dotés d’une âme, d’une agentivité, d’un pouvoir, d’une puissance - donc plutôt comme des sujets, qui, d’ailleurs, portent souvent un nom.

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Le patrimoine camerounais dans les musées et les collections publiques
Carte : Philippe Rekacewicz

Objets de pouvoir camerounais dans les musées allemands

Parmi les milliers d’artefacts perdus par le Cameroun pendant et après la colonisation, on compte d’innombrables objets de pouvoir qui, à quelques exceptions près comme le trône du roi des Bamouns ou le tangué des Dualas, n’ont guère attiré l’attention jusqu’à présent [2].

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Le trône du roi des Bamoums (à gauche) et le tangué des Dualas (à droite)
Source : Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (Atlas de l’absence. Le patrimoine culturel du Cameroun en Allemagne). Mise en scène graphique : Dorothée Billard et Mirjam Kroker.
pp. 491 et 497.

Ils comprennent des armes (épées et lances), des instruments de communication et de musique (tambours parlants), des régalia (outre des trônes, par exemple des sceptres, des défenses d’éléphants, des bracelets royaux, des cornes à boire, des pipes), des éléments d’architecture, des objets religieux ou encore des costumes de souverains. Ces objets étaient très recherchés par les colons allemands. En juin 1905, par exemple, l’officier Hans Glauning (1868-1908) et sa troupe ont attaqué le palais royal de Baham, à l’Ouest du Cameroun [3]. Avant de le brûler, ils ont volé une énorme quantité de trésors culturels, dont les plus importants étaient les symboles du pouvoir : des pans entiers de l’architecture du palais, en premier lieu de grands cadres de portes (hautes colonnes en bois ornées de motifs narratifs), le trône du roi et d’autres rois défunts conservés dans le palais. Mais ce n’est pas seulement à Baham que Glauning a détruit des palais et s’est approprié des fragments d’architecture : il l’a aussi fait dans d’autres endroits du Grassland : à Balessing, à Bamenom, à Bameta, à Mambila, etc. [4]

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Cadres de portes en bois ornées de motifs narratifs du palais royal de Baham — le ’bom dye’ (à gauche) et le trône du roi (à droite)
Source : Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (Atlas de l’absence. Le patrimoine culturel du Cameroun en Allemagne). Mise-en-scène graphique : Dorothée Billard et Mirjam Kroker.
pp. 488 et 456.
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Cadres de porte en bois ornées de motifs narratifs du palais royal de Bamenom (aujourd’hui Bamena)
Source : Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (Atlas de l’absence. Le patrimoine culturel du Cameroun en Allemagne). Mise-en-scène graphique : Dorothée Billard et Mirjam Kroker.
p. 471.

Au Nord du Cameroun, l’armée dite « troupe de protection » (Schutztruppe), dirigée notamment par les officiers Hans Dominik (1870-1910), Oltwig von Kamptz (1857-1921) et Hermann Nolte (1869-1902), a attaqué le palais du Laamido à Tibati en 1899, au cours de l’une de ces opérations militaires dites « expéditions punitives » [5]. L’essentiel du butin de guerre se composait du trône et de l’épée du Laamido, de défenses d’éléphants et de lances. Nombre d’autres objets de pouvoir ont été volés dans des circonstances tout aussi violentes et transférés en Allemagne [6], où ils sont aujourd’hui présents dans presque tous les musées ethnographiques. Le trône et les éléments architecturaux de Baham se trouvent depuis 1906 au musée ethnographique de Berlin [7]. Le butin de guerre de Tibati fait partie des collections du Übersee-Museum de Brême, du Grassi Museum für Völkerkunde de Leipzig, de l’Ethnologisches Museum de Berlin, du Museum Fünf Kontinente de Munich, du Museum für Völkerkunde de Dresde, des musées Reiss-Engelhorn de Mannheim et du Linden Museum de Stuttgart (1901) [8].

Qu’est-ce qu’un objet de pouvoir ?

Afin de mieux comprendre, comme le suggère Yağmur Karakis, « à la fois le passé (colonial) et le présent (postcolonial) » [9] des objets de pouvoir analysés ici, nous discuterons dans ce texte les différentes significations de ces objets de pouvoir — avant et après leur « transfert » forcé, en nous s’inspirant de l’approche de la « biographie d’objet ». [10]

Nous commencerons par définir la notion d’objet de pouvoir pour, ensuite, passer en revue leurs différentes catégories dans le contexte camerounais. Nous aborderons en particulier le cas très significatif de « l’épée de Tibati » conservée au Linden Museum de Stuttgart, qui permet de faire comprendre ce que représente la structure particulière du pouvoir dans un contexte guerrier. Outre les listes d’inventaire des musées dont disposait notre projet de recherche, l’article se fonde sur des entretiens menés au Cameroun en 2021 et 2022.

Les textes qui, sur le plan théorique, traitent de la notion de « pouvoir » en relation avec les objets culturels camerounais sont rares [11]. La définition du terme donnée ci-après s’inspire des études de Reinhard Bernbeck et Johannes Müller [12] d’une part, et de Jean-Paul Notué et Bianca Triaca [13] d’autre part.

Les archéologues et préhistoriens Bernbeck et Müller ne s’intéressent certes pas au passé et au présent culturel du Cameroun, mais ils formulent des réflexions instructives sur le rapport entre les « objets » et le « pouvoir » d’un point de vue anthropologique et archéologique.

L’étude historique de Notué et Triaca porte principalement sur le patrimoine culturel du Cameroun. Dans l’acception générale, le pouvoir est la « domination des hommes sur les hommes » [14]. Au Cameroun, la venue au pouvoir ou la prise de pouvoir se fait par la lignée royale [15]. Le détenteur du pouvoir reste roi à vie ou - selon la langue et la région – « Laamido » (dans le Nord) ou « Fon » (Grassland) ; il est accompagné dans son exercice du pouvoir par des sociétés secrètes dont les membres ont un rôle de régulation en tant que contre-pouvoir. Bernbeck et Müller soulignent que, dans les sociétés organisées par des hiérarchies sociales et politiques, des objets exceptionnels sont fabriqués pour identifier les personnes de haut rang [16]. En d’autres termes, c’est dans des « objets à caractère rituel, symbolique ou magique » que se matérialisent « la légitimité et le pouvoir du roi et des sociétés secrètes », tout comme « la signification des différents cultes et rites ». [17]
Le champ d’application du pouvoir ne se limite donc pas exclusivement au politique [18]. Le pouvoir avait également (et continue d’avoir dans certaines de régions) une dimension surnaturelle, lié à des forces invisibles. Il existe une interaction entre le visible et l’invisible, entre le politique et la religion.

L’histoire des religions, comme celle des systèmes politiques, fournit une infinité d’exemples de la manière dont la religion et la politique ont besoin l’une de l’autre, s’utilisent et s’exploitent mutuellement [...]. Dans la mesure où, chez les peuples dits « primitifs », le dirigeant politique est doté du pouvoir politique et religieux suprême, il est inutile de se demander qui domine qui ». [19].

La religion fait ici partie intégrante de toute la vie, y compris de la politique. Luc de Heusch estime même que « le sacré fait partie de la structure centrale du pouvoir, et ce de tout pouvoir ». [20]

Dans la partie septentrionale du Cameroun, une autre dimension du pouvoir intervient : le caractère « militaire ». En raison de la situation guerrière depuis le XIe siècle [21], presque tous les rois sont à la fois de grands guerriers et des chefs militaires. L’habileté guerrière était la mesure courante du pouvoir. La structure du pouvoir varie donc d’une région à l’autre. Dans le Nord, beaucoup d’objets représentent un pouvoir qui est à la fois politique, religieux et militaire. Des forces invisibles, ancrées dans les traditions camerounaises, nourrissent la puissance guerrière tout en étant partie intégrante du pouvoir, qui est en conséquence un mélange de visible et d’invisible, matérialisé par des objets. « La difficulté de percevoir le monde invisible, le problème de montrer les aspects du pouvoir surnaturel tout en masquant ceux qui sont réservés aux initiés, impliquent l’utilisation de symboles » [22] — mais aussi des objets. En fin de compte, le pouvoir est multimodal.

Dans différentes disciplines consacrées à l’étude des symboles matériels (contextes où des désignations telles que « choses » ou « objets » créent un certain malaise terminologique), les notions de « règne », « autorité », « statut », « prestige » et « biens de prestige », « pouvoir royal », apparaissent souvent comme « éléments de pouvoir » [23]. Ces notions sont toutes très proches les unes des autres et décrivent chacune un aspect du pouvoir, mais ne sont en aucun cas synonymes. Il est dès lors important de les différencier pour comprendre leur fonction.

Les objets de pouvoir désignent les artefacts utilisés dans la vie quotidienne, ou occasionnellement pour des pratiques culturelles hautement significatives, qui symbolisent le pouvoir d’un roi ou d’une reine dans les sociétés centralisées, ou celui du groupe dirigeant dans les communautés non centralisées. Ils représentent à la fois le pouvoir et la souveraineté d’un royaume ; ils sont exposés dans le cadre de cérémonies publiques et servent de véritables démonstrations de force. [28]

Au Cameroun pré-colonial

Les structures du pouvoir et les insignes associés sont étroitement liés au contexte historique et au paysage (forêt, montagne, savane) de chaque sphère culturelle camerounaise, chacune ayant ses particularités tout en présentant néanmoins des similitudes avec les autres. Les objets de pouvoir peuvent être classés en trois catégories, toutes sphères confondues :

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Pipe à tabac du Bangwa Asunganyi. Cet objet est arrivée au Musée d’ethnographie de Berlin en 1899 par l’intermédiaire de Gustav Conrau, qui l’a reçue comme cadeau d’accueil lors de sa première visite à la cour du souverain Bangwa.
Source : Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (Atlas de l’absence. Le patrimoine culturel du Cameroun en Allemagne).
p. 499.

 Les objets de pouvoir locaux, qui ne s’appliquent qu’à une communauté donnée et à quelques communautés voisines. La pipe royale dans le Grassland en est un exemple ;

 Les objets de pouvoir régionaux sont reconnus dans toute une sphère culturelle, comme les épées dans le Nord (Soudano-Sahélien) ou les cadres de porte dans le Grassland. Le musée ethnographique de Berlin en possède 118 exemplaires [29] :

 Les objets de pouvoir « suprarégionaux » sont principalement des régalia que l’on trouve dans chaque communauté au Cameroun ou en dehors du Cameroun, comme les trônes et les sceptres. Un exemple célèbre en est le Mandu Yenu (voir l’illustration ci-dessus). [30]

La diversité matérielle et fonctionnelle — dans le Cameroun indépendant d’aujourd’hui comme dans le Cameroun pré-colonial — caractérise cependant fondamentalement les objets de pouvoir. Comme nous l’avons déjà évoqué, ils peuvent prendre la forme de trônes, de sceptres, de dents en ivoire, d’instruments de communication et de musique (tambours parlants, trompettes, flûtes), d’encadrements de portes des palais, d’armes et d’armures (boucliers, lances, épées), d’objets religieux (amulettes), de vêtements de souveraineté (habits, bonnets royaux, bracelets), de pipes royales, de cornes à boire, d’anneaux de bras en matière animale pour les souverains.

Trônes, sceptres et dents d’ivoire

Les trônes sont le signe matériel suprême du pouvoir d’un roi ou d’un Laamido. Leur forme varie d’une région à l’autre. Dans le Grassland, chaque royaume possède au moins trois ou quatre trônes, car chaque roi doit en posséder au moins un après son intronisation. La panthère, l’éléphant et la figure du roi sont au centre des sculptures des trônes royaux. Alors que les animaux apparaissent généralement sous forme de cariatides, les figures humaines constituent généralement le dossier. Les trônes sont réservés aux rois et à certains dignitaires royaux, permettant ainsi une classification dans la société (et dans la cour royale) [31].

Le trône en lui-même n’est pas seulement constitué d’une sculpture particulière, mais aussi d’accessoires qui sont normalement toujours placés à proximité. Deux grandes dents en ivoire l’encadrent. Pendant les actes officiels du roi, elles sont portées par ses serviteurs. Juste à côté du trône, un serviteur tient la pipe du roi, spécialement fabriquée pour lui et qui présente un design particulier. En signe de prestige, elle est toujours décorée de perles. La peau d’antilope, de lion ou de léopard est étalée devant le trône. En outre des sceptres massifs sont souvent plantés dans le sol sur le côté du trône. On trouve des dispositifs similaires dans d’autres pays africains. On peut lire à ce sujet dans une étude des débuts de l’anthropologie de Willy Schilde :

A Kiamtwara, au bord du lac Victoria, des jeunes filles dévêtues devaient traîner derrière le sultan le fardeau des amulettes, des dieux domestiques et des ancêtres. Parmi les cornes extérieures de vache et d’antilope, on trouvait une dent d’éléphant censée renfermer l’ancêtre. Le siège d’un Laamido dans la partie nord du Cameroun est quant à lui constitué d’un lit spécial et de plusieurs « nattes enroulées les unes dans les autres ».

Plus le rang est élevé, plus le siège est haut [...]. Du Maroc jusqu’à la haute côte guinéenne, les souverains s’appuient volontiers sur leurs nattes, parfois aussi sur leurs trônes, au moyen de coussins, généralement en cuir. [...] Les Peuls et les Haoussas les ont introduits chez les souverains jusqu’à la côte. Leur diffusion [...] coïncide à peu près avec les zones suivantes : Fez, Galam, Malli, Mandingo, Lundamar, Nupe, sud du Nigeria, Adamaua, Sara occidentale ». [32]

Après une expédition punitive à Tibati, un trône de ce type a été transféré à l’Übersee-Museum de Brême) [33]. L’ensemble historique des biens culturels camerounais en Allemagne comptait initialement 180 trônes, dont 105 sont encore conservés. [34]

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Trône des Fulbe de Tibati. Cet objet a été ramené par l’officier Oltwig von Kamptz au cours de l’expédition dite punitive
contre Tibati (campagne de Wute-Adamaua, du 13.3.1899 au 25.8.1899) et convoyé au musée d’outre-mer de Brisbane en 1902.
Source : Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (Atlas de l’absence. Le patrimoine culturel du Cameroun en Allemagne).
p. 479.

Les trônes, comme les colonnes des palais, font partie des objets fondamentaux du pouvoir, dont le transfert ou l’absence peut conduire à la suspension du pouvoir. Au cours de mes entretiens dans les différentes communautés, il m’est apparu clairement que, selon leur importance, il existe une séparation nette entre les objets de pouvoir indispensables et les objets de pouvoir importants dont on peut néanmoins se passer. La première catégorie comprend les trônes, les cadres de porte des palais, les tambours parlants, les épées et les amulettes. « Sans eux, il n’y a pas de pouvoir », explique Albert Nomekong, conservateur au musée royal de Baham [35]. Un exemple en est le « bom dye », l’encadrement de la porte du palais de Baham, volé par Hans Glauning (voir l’illustration ci-dessus).

La deuxième catégorie, c’est-à-dire les pipes royales, les dents en ivoire ou les vêtements royaux, est certes importante, mais son absence n’empêche pas l’exercice du pouvoir. Dans ce contexte, le défaut de ces objets ne résulte pas forcément d’un pillage, mais peut venir du manque d’artisans : il est par exemple arrivé que des artistes de cour soient tués lors de guerres ou exilés. Pour pallier ces besoins, on faisait parfois venir des artistes des royaumes voisins avec lesquels on entretenait de bonnes relations. [36]

Instruments de communication et de musique

Les tambours parlants comptent, avec les trônes et les amulettes, parmi les principaux objets de pouvoir dans la partie nord du Cameroun [37], comme l’explique le Laamido de Tibati :

Chacune de mes sorties obéit à une série de modalités et de règles qui se sont développées depuis deux siècles à Tibati. Je dois m’y conformer afin d’assurer la pérennité de l’institution traditionnelle. [...] Chaque fois que je sors, je reçois la loyauté de ma cour : [...] à l’intérieur du palais, et quand je rentre dans ma résidence privée ». [38]

Ces saluts et témoignages de fidélité se traduisent en chansons et au moyen des tambours.

C’est toujours avec cette mélodie de la flûte et des tambours, reprenant un chant des guerriers de Tibati, que je reviens de faire le tour de la ville pendant la fantasia (course de chevaux). » [39]

Le tambour a un autre rôle essentiel :

Le tambour, avec un son perceptible de loin, est l’instrument avec lequel le souverain convoque ses guerriers. Il se trouve à cet effet dans sa cour, de sorte que l’idée d’un insigne s’y associe peu à peu de manière tout à fait involontaire. » [40]

En ce sens, le tambour est également un « insigne de guerre ».

Dans le Grassland, les tambours sont utilisés pour accompagner le roi lors des danses rituelles. Les cérémonies au cours desquelles ces instruments sont utilisés sont des occasions officielles au cours desquelles le roi, ses dignitaires et les membres des sociétés secrètes dansent ensemble [41]. Le nombre de danses auxquelles le roi participe personnellement est limité : leur importance n’en est que plus grande. On joue des tambours parlants le jour de l’intronisation officielle d’un roi ainsi qu’à l’occasion de la célébration du « Nyang Nyang », un rituel d’initiation pour le passage des enfants à l’âge adulte. Enfin, les dignitaires des royaumes du Grassland utilisent des instruments de communication pour pleurer le roi lors de ses funérailles officielles. Dans ce cas, la communication n’est pas toujours verbale mais codée, et se fait grâce à des insignes qui confèrent une signification aux événements royaux. De tels rituels constituent une communication entre le monde visible et le monde invisible : les tambours transmettent des informations entre le monde des vivantes et celui des ancêtres.

Que trouve-t-on dans les collections ?

Les objets de pouvoir de l’ancienne colonie du Cameroun ne sont pas forcément exposés dans les musées allemands, bien qu’ils y soient extrêmement nombreux. Pour les localiser et déterminer leur nombre à partir des inventaires informatisés fournis par les musées, j’ai utilisé des termes de recherche courants — et parfois racistes. Par ailleurs des termes tels que « trône », « tabouret, fauteuil », « chaise, tabouret, siège », « porte », « cadre de porte », « épée », qui sont utilisés de manière spécifique dans différents musées, tel « bâton du chef » [42] dénient à un trône, par exemple, sa fonction royale et le font passer pour un vulgaire objet du quotidien. Des visites de dépôts et d’archives, ou encore des photographies, ont en outre aidé à corriger des désignations d’objets imprécises, comme dans le cas du trône de Hamman Lamou au Übersee-Museum de Brême, qui est qualifié de « lit » dans l’inventaire.

Parmi les plus importants musées ethnographiques d’Allemagne, le Linden Museum de Stuttgart possède 2588 numéros d’inventaire d’objets de pouvoir, le Grassi Museum de Leipzig 1402, l’Ethnologisches Museum de Berlin 998, le Rautenstrauch-Joest-Museum de Cologne 896, le Museum Fünf Kontinente de Munich 603 et le Übersee-Museum de Brême 581 numéros [43]. Onze autres collections de nature différente, dont le Museum der Weltkulturen à Francfort, les Reiss-Engelhorn-Museen à Mannheim, le Niedersächsisches Landesmuseum à Hanovre, le Museum am Rothenbaum - Kulturen und Künste der Welt à Hambourg ou le Städtisches Museum à Braunschweig, comptent entre 100 et 700 numéros d’inventaire liés aux symboles de pouvoir. [44]

Que ce soit dans les musées régionaux, universitaires ou municipaux, dans les collections d’instruments de musique et des musées spécialisés, dans les provinces reculées ou dans d’autres types de musées, les objets de pouvoir sont presque partout présents. Il est quasiment impossible de les recenser dans leur ensemble, ou de les définir plus précisément, car les documentations des collections sont, comme toutes les archives coloniales, pleines de lacunes et d’erreurs. Il arrive que les trônes soient inventoriés à tort comme des « chaises », les tambours comme de simples « instruments de musique » [45]. Des indications vagues sur l’origine — « Kamerun » — au lieu d’indications géographiques précises ne permettent généralement pas d’identifier des objets (présentés comme du quotidien) comme des objets de pouvoir. [46]

Le fait que certaines sous-catégories d’objets de pouvoir soient davantage représentées dans les collections, et d’autres moins, est dû à la nature même de ces objets et à leurs contextes respectifs d’acquisition : les éléments architecturaux monumentaux et les vestiges de palais détruits sont plutôt rares car les palais royaux de la colonie n’étaient pas tous dotés d’encadrements de porte richement sculptés. En outre, seuls les palais des rois qui s’opposaient aux colonisateurs allemands ont été brûlés. Les trônes et les sceptres ne sont en principe pas non plus très répandus, car un roi n’utilisait qu’un seul trône durant toute sa vie. En revanche les armes et les amulettes dépassent en nombre toute autre catégorie d’objets de pouvoir. Cela peut s’expliquer par le fait que leur fabrication demandait moins de temps, qu’elles étaient utilisées par plusieurs personnes, ou guerriers, et que leur transport en Allemagne n’était pas difficile.

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Armes et ustensiles des Fullahs.
Source : Morgen 1893, 286.

Les objets de pouvoir camerounais dans la littérature coloniale allemande

Certaines images d’objets culturels importants de la colonie du Cameroun circulaient déjà dans les journaux allemands et la littérature coloniale avant qu’ils n’arrivent effectivement en Allemagne ; ils attirèrent l’attention du public sur les emblèmes des différents royaumes tels trônes, tambours, cadres de porte et épées [47]. Dans le récit de voyage illustré de Curt von Morgen Durch Kamerun. Von Süd nach Nord. Reisen und Forschungen im Hinterlande 1889 bis 1891, il est question des objets de guerre pillés à Tibati. Il y décrit le pouvoir à Tibati et les objets qui lui sont associés. Ce n’est pas un hasard : la région de l’Adamaoua ou le lamidat de Tibati représentait un point stratégique, et c’est à partir de ce territoire que les Allemands ont cherché à conquérir l’arrière-pays du Cameroun. Mais c’est dans Adamaoua — ou précisément à Tibati — que la résistance était la plus forte : « Hamassambo I et plus tard Nyamboula avaient l’ambition plus ou moins manifeste de faire de Tibati un émirat suivant le modèle de Yola et de se libérer de Yola — avec lequel les relations étaient souvent tendues. » [48] Yola est la capitale de l’État d’Adamaoua au Nigeria et était, avant la colonisation allemande au Cameroun, le centre d’un grand émirat musulman dont l’influence et les frontières s’étendaient jusqu’à l’actuelle ville camerounaise de Tibati. En ce qui concerne l’étendue du pouvoir du Laamido de Tibati, Morgen écrit en 1893 :

À ses côtés s’élevait la grande salle de réception. Devant lui campaient cinquante souverains avec leurs suites, qui venaient ici faire leurs rapports au roi, le consulter sur ses désirs et ses opinions, ou seulement pour lui adresser leur salut matinal : « Allah sabenani » c’est-à-dire « que le Seigneur te protège. » [49]

Dans le chapitre de Morgen sur Tibati, la description des armes occupe une grande place. Il attribue l’épée comme arme à une classe de personnes proches du Laamido. En ce qui concerne la cavalerie, il écrit : « Tous les cavaliers étaient armés d’une longue lance (labu), seule un petit groupe portait en outre de larges épées sur l’épaule. » [50] Les musées de Berlin, Brême, Dresde, Leipzig, Mannheim, Munich, Oldenbourg et Stuttgart comptent environ 120 de ces armes, dont une grande partie n’a jamais été exposée.

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Vitrine S627 avec des armes du Nord-Cameroun, Übersee-Museum de Brême.
Photographie : Volker Beinhorn, avril 2023.

Objets de pouvoir au Cameroun devenus objets de musée en Allemagne

Des trônes, des fragments de constructions palatiales, des épées ainsi que des tambours sont entrés comme butin de guerre dans les collections ethnographiques de Berlin, Stuttgart, Leipzig, Munich, Dresde, Mannheim, Oldenbourg et Brême. Or, un objet du Cameroun n’est un objet de pouvoir que s’il est utilisé dans son contexte : lorsque les artisans le fabriquaient, le Laamido et ses serviteurs déterminaient le contexte spécifique de son utilisation. L’invisible (prières et rituels) et le visible (utilisation) formaient, dans le contexte de guerres ininterrompues, le contexte de l’épée à Tibati, par exemple. L’initiation par les rituels, son utilisation et la guerre sont interdépendantes, forment ensemble ce qui constitue l’objet de pouvoir. Mais qu’advient-il d’un tel objet lorsqu’il est transféré dans un musée ? Il est détaché d’un ordre préexistant, qui s’en trouve modifié, et inséré dans un nouveau contexte. [51]

L’épée de Tibati est entrée en 1901 au Linden Museum de Stuttgart : l’arme, qui avait été un objet de pouvoir à Tibati, a changé de statut, elle est devenue un simple objet de musée :

Un objet ethnographique passe donc par de nombreux ordres, et devient ainsi un porteur de signification à plusieurs niveaux. [52]

A Brême sont exposées l’épée et d’autres armes de la résistance contre les Allemands. Les objets entrent donc dans un « lieu d’exposition ». Gaëlle Beaujean-Baltzer résume leur importance du point de vue des acteurs coloniaux en prenant l’exemple des statues et trônes royaux rapportés d’Abomey (aujourd’hui Bénin) à Paris. Pour les besoins de la démonstration, nous remplaçons dans la citation les termes « Bénin » et « France » par « Cameroun » et « Allemagne » :

Le don et l’arrivée de ces sculptures dans les musées publics expriment d’abord l’extension du territoire [allemand] et la victoire sur une structure politique sophistiquée. Mais ces œuvres ne sont pas seulement la preuve d’un succès militaire. Leur iconographie inédite, voire exotique, et leur monumentalité attestent matériellement de la domination coloniale [de l’Allemagne] sur [le Cameroun]. [53]

Ces objets ont rapidement acquis dans leur nouvel environnement une autre signification, qui relègue de plus en plus à l’arrière-plan leur perception idéologique en tant que trophées. Car même si le travail des musées ethnographiques était favorisé par la politique coloniale, ils se considéraient comme des institutions scientifiques. Leur création était étroitement liée au développement des sciences culturelles à orientation historique, qui utilisaient la culture matérielle comme source pour l’étude des sociétés [54]. Les musées ethnographiques, selon Christine Stelzig, « étaient la réponse à l’afflux de nouvelles informations sur la richesse et la diversité des cultures humaines » [55]. Comme tous les autres biens culturels du Cameroun, les objets de pouvoir devinrent des objets de recherche pour l’ethnographie. L’étude scientifique leur conférait le statut de « choses ».

Les débats sur le contexte d’acquisition des artefacts camerounais dans les musées allemands sont menés depuis l’indépendance du Cameroun et ont gagné en visibilité ces dernières années. La controverse porte par exemple sur le Mandu Yenu [56]. La question-clé non résolue est la suivante : Est-ce un don, ou est-ce un vol ?

Les premières demandes de restitution, au début des années 1980, sont venues de Douala et du peuple Nso des environs de Bamenda. Elles réclamaient le Tangué (voir l’illustration ci-dessus), un bec de bateau, et la statue de la divinité-mère Ngonnso , qui a fondé le royaume de Banso. Cette figure est également un trône commémoratif [57]. Le tangué, comme tous les éperons d’étrave de pirogues de course ou de guerre dans la région, sculptés de manière complexe et élaborée, est porteur de message et surtout de pouvoir [58]. Les tangués représentent une communauté et peuvent servir à l’expiation ou à l’intimidation.

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Ngonnso, la divinité mère des Nso. C’est un butin de guerre, obtenu par l’officier Hans Houben lors de l’expédition contre les Nso (3.6.1902- 17.6.1902), par l’intermédiaire de son officier supérieur Kurt von Pavel, et arrivé au Musée ethnographique de Berlin en 1903
Source : Atlas der Abwesenheit. Kameruns Kulturerbe in Deutschland (Atlas de l’absence. Le patrimoine culturel du Cameroun en Allemagne).
p. 445.

Les négociations ont été et sont encore aujourd’hui très intenses, même si, dans le cas de Ngonnso, un accord de rapatriement a été conclu en juin 2022. Les dernières visites des rois du Cameroun montrent également clairement qu’ils n’ont en aucun cas oublié les symboles du pouvoir de leurs royaumes respectifs [59]. Une délégation royale bangwa, qui s’efforce d’obtenir la restitution d’une statue sacrée en bois, a été reçue en juillet 2022 au Rautenstrauch-Joest-Museum de Cologne [60]. Peu après, en novembre, le roi de Nso, royaume dont est originaire Ngonnso, a séjourné à Berlin en novembre 2022 à l’occasion d’une visite de travail au Humboldt Forum et à l’ambassade du Cameroun. Tout comme les développements autour de Ngonnso, la visite de la délégation de Tibati à Brême en octobre 2022 a bénéficié d’une forte couverture médiatique, notamment dans la presse régionale allemande. [61]

A Tibati même, la signification de l’épée a également évolué : « Comme l’époque des guerres est révolue, on n’utilise plus l’épée comme auparavant. Malgré tout, elle est restée un symbole de souveraineté à la cour royale de Tibati. » [62] La fabrication d’épées à Tibati se poursuit. Mais le lamidat lui-même et le contexte local ont aussi beaucoup changé. Les frontières avec Yola ou les relations avec d’autres lamidats et chefferies (royaumes) ont été conçues différemment. Depuis la création de l’État moderne du Cameroun, qui exerce désormais le pouvoir central, Tibati n’est plus un lamidat indépendant, mais fait partie d’une république. Ce fait influence les relations de Tibati avec les autres chefferies. « De nos jours, l’épée est un bien de prestige » [63] et « la guerre n’est plus le meilleur moyen de résoudre les problèmes avec ses voisins. » [64]

De nos jours, l’épée Tibati fait l’objet d’une attention grandissante, et gagne en importance, peut-être même en pouvoir. Les objets de l’expédition Vute-Adamaua sont au centre d’une discussion sur la restitution entre le Laamido de Tibati et le Übersee-Museum de Brême. Le débat en soi n’est pas nouveau, puisque l’Europe discutait déjà « il y a 40 ans [...] de la restitution à l’Afrique de collections de musées coloniaux » [65]. Les discussions n’ont pas abouti, mais elles sont renouvelées à Tibati. La visite de sa majesté Elhadj Hamidou Mohaman Bello et du prince Mohamadou Abdala du 23 au 28 octobre 2022 à l’Übersee-Museum est le signe que l’épée et les autres armes ou armures ne sont pas oubliées. Au Cameroun comme en Allemagne, les objets jouent aujourd’hui un rôle politique dans les relations bilatérales.

Les objets de pouvoir camerounais dans les musées allemands portent les traces de l’histoire, d’une longue et violente lutte de l’Allemagne coloniale contre les puissances locales. En tant que symboles d’un pouvoir soumis dans la colonie, ils apparaissent d’abord comme un butin de guerre et un emblème de la victoire du colonialisme. Leur présence dans les musées ethnographiques relègue ce statut à l’arrière-plan, sans toutefois pouvoir l’effacer complètement. Lorsqu’ils sont exposés, ils deviennent ce que l’on appelle en allemand des « ethnografica » et parfois même des curiosités. Après avoir été présentés pendant plus d’un siècle comme de simples artefacts de musée, les objets de pouvoir — comme l’épée de Tibati — entrent dans une nouvelle phase où ils retrouvent pouvoir et attention. Ce pouvoir est d’une autre nature. Il est désormais dû à la nouvelle signification qu’ils ont acquise grâce au débat sur la restitution.

Références

 
Bibliographie

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    Urvoy, Yves (1988) : Histoire de l’empire Bornou. Paris.

Archives

  • Cameroon National Archives, Bd. 1, FA 1/72 Erschließung von Adamaua, 1885–1902.

Sources orales

  • Entretien avec Hamidou Nouhou Barrywa, ministre de la défense à la Fada et porte-parole du lamidat de Tibati, 18 octobre 2022.
  • Entretien avec Elhadj Hamidou Mohaman Bello, Laamido de Tibati (2008-2023), 25 octobre 2022.
  • Discussion avec les représentants de l’ambassade de la République du Cameroun à Berlin, 12 janvier 2022.
  • Entretien avec Sa Majesté Fo Pouokam Max II, roi des Baham, 6 mai 2022.
  • Entretien avec Albert Nomekong, Curateur et conservateur au Musée Royal de Bahalm, 7 mai 2022.

Extraits de bases des données des musées

  • EM Berlin, 27.5.2021.
  • GMV Leipzig, 10.12.2021.
  • Hamburg MARKK 16.4.2021
  • LM Stuttgart, 17.3.2021.
  • München, 21.2.2021.
  • REM Mannheim, 8.12.2021
  • RJM Köln, 11.3.2021.
  • SM Braunschweig 16.3.2021
  • ÜM Bremen, 25.2.2021.
  • WKM Frankfurt, 16.6.2021