Où sont Maisy et Shannon ?

ENQUÊTE SUR UNMINICIDE AU CANADA (EXTRAITS)

3 mars 2026

 

En septembre 2008 à Maniwaki (Québec), Shannon Alexander et Maisy Odjick, deux adolescentes anishnabées de 16 et 17 ans disparaissent sans laisser de traces. Elles n’ont à ce jour jamais été retrouvées. En 2011, Emmanuelle Walter découvre, via un communiqué des Nations unies, la surreprésentation des femmes autochtones du Canada parmi les victimes de meurtres, phénomène dont il n’est à l’époque jamais question au Québec et peu au Canada anglais. Plus tard, elle décide de s’appuyer sur la disparition de Shannon et Maisy pour illustrer cette tragédie nationale et méconnue.


This issue is not a women’s issue, this is not an Aboriginal issue. This is a human tragedy, and this is a national disgrace. »

«  Ce n’est pas une affaire de femmes, ce n’est pas une affaire autochtone. C’est une tragédie humaine, et c’est une honte nationale.  »

— Dawn Harvard, présidente intérimaire de l’Association des femmes autochtones du Canada. Discours prononcé sur la colline du Parlement le 4 octobre 2013.

 


 

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De son enquête, Emmanuelle Walter a tiré un livre, Sœurs volées (2014), dans lequel l’autrice raconte le quotidien de ces deux adolescentes, Shannon Alexander et Maisy Odjick, leurs rêves, leur attachement à leur famille et à la communauté algonquine [1].

Les éditions Lux proposent en 2026, douze ans après, une version mise à jour, magnifiquement préfacée par Christelle Taraud [2] et qui « fait état des progrès obtenus de longue lutte par les Autochtones », mais aussi de « l’immensité de ce qui reste à faire pour mettre fin à l’iniquité qui frappe encore les femmes des Premières Nations du Canada [3] ». Ce livre retrace les recherches tourmentées des proches, les années d’attente sans réponses, les familles confrontées au silence et à l’absence. Mais à travers leur histoire, c’est toute une tragédie nationale qui est mise en lumière.

À partir de l’histoire de Maisy et Shannon, Emmanuelle Walter attire l’attention sur un phénomène massif et longtemps ignoré : celui des femmes et filles autochtones assassinées ou disparues au Canada (FFADA). Selon un rapport de 2019, les femmes autochtones sont 16 fois plus à risque d’être assassinées que les femmes blanches.

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Couverture du rapport
’Reclaiming Power and place’.

Elle dénonce le désintérêt flagrant et les failles des autorités policières et gouvernementales face à ces drames. L’ouvrage souligne aussi le racisme systémique ancré dans les institutions canadiennes qui n’ont pas réussi à s’émanciper de l’histoire coloniale.

Dans la puissante préface, Christelle Taraud, replace l’histoire des « sœurs volées » dans le contexte global de ce qu’elle appelle « le continuum féminicidaire ». Le résultat de ses recherches sur la question montre la persistance des féminicides :

Je prends conscience du fait que ces meurtres ne sont pas des anomalies constituant des « faits divers » isolés, que ce ne sont certes pas non plus des « crimes passionnels » comme on nous le rabâche à l’envi pour dédouaner les fémicidaires, mais qu’il s’agit de meurtres sexospécifiques qui s’inscrivent dans une logique de terreur misogyne s’incarnant, de manière systémique, dans des corps-territoires de femmes, conquis, ravagés et martyrisés. »

Christelle Taraud constate que l’assujettissement des femmes remonte à la préhistoire, et que cet écrasement s’est manifesté dans toutes les sociétés jusqu’à aujourd’hui avec une permanence désespérante :

La femme a été un territoire de conquête au travers duquel la volonté de puissance des hommes a pu s’exercer librement, de gré ou de force […] Dans cette dynamique millénaire, le premier territoire à conquérir, à exploiter et à ravager pour et par les hommes a toujours été la femme. […] Il n’est pas exagéré d’affirmer que la plus ancienne guerre des hommes est celle qu’ils ont menée contre et à l’intérieur des femmes. »

Christelle Taraud s’attarde sur la permanence historique de la volonté persistante des hommes à s’accaparer le pouvoir au détriment des femmes qu’ils n’hésitent pas à maltraiter, martyriser pour assurer leur domination. Elle rappelle avec force que les hommes ont été jusqu’à prendre le contrôle sur le ventre des femmes [4], ce qui l’amène à développer le concept de femme-colonie. Emmanuelle Walter écrit à ce propos :

30 % des 240 femmes assassinées au Canada en 2024 étaient autochtones, alors qu’elles ne représentent que 5 % de la population féminine du pays […] Ainsi, elles disparaissent ; ainsi elles meurent. Les filles et les femmes autochtones sont des funambules qui avancent sans filet. La violence familiale, la violence dans les communautés, la violence de la rue, la violence sexuelle, la violence raciste, toutes les violences sont susceptibles de s’abattre sur elles et de les faire tomber. […] Et trop souvent, c’est le grand rien. Pas de traces, pas de corps. C’est le point d’interrogation qui vrille l’estomac […] les familles se débattent, enquêtent parfois en lieu et place des policiers, protestent contre le peu d’attention qui leur est accordé, mais leurs cris sont absorbés par un Canada ouaté, feutré, qui s’accommode de la misère des Autochtones. Le silence. »

Et la préfacière, de conclure après la réflexion de l’autrice : « …Ce grand rien est malheureusement une constante de la violence féminicidaire dans le monde. », en rappelant deux féminicides parmi des milliers qui ont marqué le début des années 2000 :

Sohane Benziane (assassinée en 2002 à Vitry-sur-Seine) et Marie Trintignant (massacrée dans un hôtel à Vilnius en 2003) sont exécutées par des hommes qui considèrent que la vie des femmes ne vaut rien ; des femmes qu’ils tuent précisément parce qu’elles sont des femmes, parce qu’elles font, pour eux, partie d’une sous-humanité sacrifiable constituée de “produits“ jetables. »
Le 17 août 2014, le corps de la jeune Ojibwé Tina Fontaine, 15 ans, a été retrouvé par hasard dans un sac flottant sur la rivière Rouge, à Winnipeg. « Nous ne devrions pas considérer ceci comme un phénomène sociologique, mais comme un crime », commentait, dans la foulée, Stephen Harper, alors premier ministre conservateur du Canada. Ce livre démontre que Stephen Harper nous leurre. Voici maintenant l’histoire de Maisy et Shannon, joyeuses, rebelles et vulnérables. Voici l’angle mort d’un pays prospère, le Canada. »

Extraits

Quand des femmes meurent par centaines pour l’unique raison qu’elles sont des femmes et que la violence qui s’exerce contre elles n’est pas seulement le fait de leurs assassins mais aussi d’un système ; lorsque cette violence relève aussi de la négligence gouvernementale, on appelle ça un féminicide. Contre toute attente, le Canada épris de consensus social est le lieu d’un féminicide à bas bruit. Les victimes, ce sont les filles et femmes autochtones.

[...]

En mai 2014, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a, enfin, rendu pour la première fois publics ses chiffres sur les femmes autochtones disparues ou assassinées, plus élevés que tous ceux diffusés jusqu’alors. Entre 1980 et 2012, 1 181 femmes autochtones ont disparu ou été assassinées, disait le rapport, alors qu’elles ne constituent que 4 % des femmes au Canada. Les filles et les femmes autochtones ont compté pour 23 % des homicides de femmes en 2012, tandis qu’en 1980, elles ne représentaient que 9 % des victimes. Le nombre de meurtres de femmes diminue, mais pas du tout pour les femmes autochtones, observait la GRC.

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Photo : Rémi Leroux, 2014.

Plusieurs articles commentant ce rapport étaient illustrés par la même photo, celle d’une femme aux cheveux courts et bruns, en blouson de cuir, la tête inclinée devant un micro, regardant avec tendresse la photo de sa fille sur une pancarte qu’elle tenait entre ses mains et qui disait « Missing ». À sa droite, un homme tenait une autre pancarte représentant une autre jeune fille.

[...]

La femme au sourire tendre, c’est Laurie Odjick. Sa fille, sur la pancarte, c’est Maisy Odjick. La jeune fille sur l’autre pancarte est Shannon Alexander. Maisy et Shannon, dont la disparition était le sujet de mon travail, avaient été choisies pour représenter la tragédie des femmes autochtones assassinées ou disparues.

[...]

Leur disparition de la petite ville de Maniwaki, au Québec, date du 6 septembre 2008. Maisy Odjick et Shannon Alexander étaient comme des sœurs. Maisy vivait dans la réserve algonquine et anglophone de Kitigan Zibi. Elle avait 16 ans. Shannon vivait dans un quartier de Maniwaki qui borde la réserve. Elle en avait 17.

[...]

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Photo : Rémi Leroux, 2014.

En septembre 2013, lors de la marche annuelle à la mémoire de Maisy et Shannon, deux amies disparues ensemble cinq ans plus tôt, j’ai croisé Lisa Odjick, « Little Grandma », assise sur un banc dans l’air tiède. Une petite grand-mère douce, cheveux courts et gris, alourdie par le temps, endolorie à jamais par la disparition de sa petite-fille, Maisy.

Quatre mois plus tard, je retrouve Lisa aux fourneaux ; chez elle, entre lac et forêt, Maisy vivait avant de se volatiliser. Dans le petit salon, les murs sont couverts de photos. Maisy en grande sœur, yeux bridés, traits fins, sourire rayonnant, enlaçant ses trois frères et sœur. Maisy en papoose, vêtue d’une robe traditionnelle rouge avec foulard assorti. Maisy en costume de finissante orné de motifs amérindiens, posant avec son diplôme. Maisy ado, avec des mèches blondes.

J’adorais ça. J’adorais sa compagnie. Elle s’était installé un genre de chambre dans le sous-sol, avec des draps qu’elle avait accrochés au plafond pour se faire des murs. On avait du fun ensemble, on parlait, on jouait aux cartes, à Crazy Eights… On s’asseyait sur les fauteuils (elle les montre, un beige, un grenat), on watchait des émissions qu’on aimait toutes les deux, comme America’s Next Top Model, les concours de chanteurs, on voulait pas les manquer… Elle faisait des sortes de collages sur l’ordinateur, des dessins… Elle se faisait des coiffures et se prenait en photo, elle faisait des selfies (et Lisa rit, fait mine de poser devant un appareil, puis me montre des photos)… Tiens, regarde celle-là (une Maisy magnifique, avec des dreadlocks bleues), cette photo, c’est ma préférée. Elle m’aidait, un peu. Elle commençait à apprendre la cuisine, des petites affaires, la sauce à spaghetti, des macaronis, des affaires faciles. Je pense tout le temps à elle… C’est si dur. C’était comme ma fille…

Damon, le frère de Maisy, son cadet de deux ans, sort du sous-sol. C’est à son tour de vivre ici après avoir quitté la maison familiale, à son tour d’énerver sa mère en snobant l’école ; à son tour de se laisser bercer par la douceur et les petits plats de Little Grandma. À son tour, aussi, de loger au sous-sol qu’il m’interdit gen-timent de visiter, « il y a trop de désordre ». Du bout des lèvres, Damon décrit sa grande sœur en quelques mots pudiques, « particulière, drôle, parlant beaucoup, jamais seule ». Il ajoute que Maisy a aussi vécu quelque temps en Ontario, chez leur père, Rick Jacko, le pre-mier conjoint de Laurie.

[...]

Des fois, Maisy avait l’air triste, raconte Lisa. Des fois, elle disait qu’elle ne méritait pas d’être aimée. Je lui répondais toujours qu’elle avait le droit d’être aimée. Et que s’il lui arrivait quelque chose, notre cœur allait se briser. Elle s’arrête, souffle coupé. Maisy, je lui disais de pas gaspiller sa vie ; et elle avait décidé de retourner à l’école.

Je m’apprêtais à rentrer à Ottawa, m’a raconté Pam. C’était quelques semaines avant la disparition ; j’avais rendu visite à mon fils Bryan et ma petite-fille Shannon, dans leur appartement de la rue Koko, à Maniwaki. Shannon m’a précédée dehors, et elle s’est assise, jambes croisées, sur la niche de son chien. Elle avait cette nouvelle coupe de cheveux, ils étaient tout courts, elle était magnifique. C’est la dernière fois que je l’ai vue. Elle m’a demandé :

—  Grand-mère, tu t’en vas ? J’ai dit oui.
—  Et tu rentres à Ottawa ? J’ai dit oui.
—  Est-ce que je peux venir à Ottawa avec toi ?
—  J’ai dit non. Je lui ai expliqué que je ne resterais pas longtemps à Ottawa. Je partais en voyage pour mon travail. Ce n’était pas possible. »

Sur les avis de recherche, on apprend que Maisy mesurait 1,83 m pour 57 kg, et Shannon 1,78 m pour 64 kg. On voit la mine rayonnante de Maisy, ombrageuse de Shannon. Deux grandes perches gracieuses et dégourdies qui passaient ensemble le plus clair de leur temps, même si elles n’avaient pas tout à fait la même histoire. Maisy vivait en famille, avec ses frères et sœur, sa mère Laurie, animatrice à la station de radio de la réserve, son beau-père Mark qui travaillait au magasin général. Shannon, elle, était née à Ottawa, d’une mère toxicomane, Caroline ; d’un père, Bryan, le fils de Pam, dont je savais alors fort peu, sinon la détresse et l’alcoolisme. L’un des avis de recherche montre une Shannon ravissante, au regard intense et coiffée d’un béret des cadets de l’armée, sorte de scou-tisme militaire auquel elle participait depuis l’âge de 12 ans.

Quand Shannon était bébé, a poursuivi Pam, Caroline est partie. Bryan et elle voulaient tous les deux que j’élève Shannon, ils me le demandaient régulièrement quand elle était toute petite. Mais je travaillais pour l’armée. Mon mari était mort, je vivais seule, mon travail me faisait voyager partout, j’avais des horaires décalés. Je ne pouvais pas. Il aurait fallu que je change d’emploi. Je ne me sens pas coupable de ça, tu sais. Et puis quand ma fille, la sœur de Bryan, a proposé fina-lement de prendre Shannon chez elle pour l’année sco-laire, Bryan a refusé. Il a élevé Shannon, seul, il l’aimait à la folie, il n’était plus question qu’elle vive ailleurs.

Et puis nous sommes entrées dans le vif du sujet.

[…]

Si j’ai de la gratitude pour les avis de recherche, en dépit de leur aspect morbide et des sinistres numéros de dossier qui y figurent (20080216 et 20080215, mais aussi 2012020142, selon les corps de police), c’est aussi parce qu’ils témoignent de l’existence concrète de Maisy et Shannon ; de ce qu’elles ont, ou ont eu, un corps, des vêtements, des signes particuliers ; ils les empêchent de se transformer en fantômes. Quand elle a disparu, Shannon avait des cicatrices au genou gauche, les oreilles et le nombril percés ; son teint était « grêlé », avec des boutons ; elle avait un collier en argent avec une plume. Elle parlait anglais et français, lit-on, et mesurait, selon les avis, 1 mètre 75, 1 mètre 76 ou 1 mètre 78 ; la dernière fois qu’elle a été vue, elle portait « des souliers de course blanc et rouge de marque Asics ». Maisy avait pour sa part « des perçages sur la lèvre inférieure et la narine gauche, des cicatrices sur le haut du sourcil droit et sur l’avant-bras gauche » et un autre piercing au thorax ; elle portait des black capris (un pantacourt ou bermuda noir et moulant) et un t-shirt vert ; elle mesurait, selon les avis, 1,78 ou 1,83 mètre et ne parlait qu’anglais.

  • Bon 17e anniversaire Maisy… J’espère que quelque part tu pourras lire ça et voir qu’on est nombreux à t’aimer… tu me manques et je t’aime tellement ! (M, 6 novembre)
  • Bon Anniversaire Ma Petite Maisy… Je T’aime Hâte De Te Serrer Dans Mes Bras Et De T’embrasser !!! (L, 7 novembre)

Shannon et Maisy sont revenues de la soirée écourtée, sans doute en colère après leur éviction, peut-être encore intoxiquées. Elles se sont couchées, Shannon dans sa chambre, et Maisy sur le canapé du salon. Quand Shannon a accompagné Bryan à l’arrêt du bus, vers midi, Maisy dormait encore.

[...]

Et ensuite. Que s’est-il passé.

[...]

Un revendeur de marijuana connu dans la réserve les a appelées à plusieurs reprises dans l’après-midi. Maisy a longuement téléphoné à des amis de la région de Saugeen, la communauté de son beau-père en Ontario.

Les voisins ont entendu les bruits d’une petite fête dans la soirée.

C’est tout ce que je sais.

J’ai aussi lu ceci dans le dossier de la Missing Children Society rempli par Maria sous la dictée de Bryan :

  • Gang X4 : Shannon s’est battue avec un gars de ce gang / des rumeurs disent que Shannon avait peur / dans le gang, les membres avaient de 14 à 24 ans / Autochtones contre non-Autochtones / X a été poignardé par un gars de ce gang l’année dernière.
  • X : a écrit des trucs bizarres sur la page Facebook de Shannon / a été la dernière personne à appeler Shannon / elle ne répond plus au téléphone.
  • X : son récit a changé à plusieurs reprises à propos de la dernière fois qu’il a parlé avec Maisy ou Shannon.

Le gang cité dans le premier paragraphe est un groupe de Blancs de Maniwaki.

Les convives supposés de la petite fête, deux jeunes gens de la réserve, ont été interrogés par la police.

De tout cela, rien n’est sorti.

Toutes les pistes, dit la police, ont été explorées – mais mal, mais trop tard. Un ancien policier de la GRC, venu faire une enquête bénévole pour la Missing Children Society, a dit à Maria au terme de son travail :

—  « J’ai l’impression d’en savoir encore moins que lorsque je suis arrivé. »

Les filles donnaient l’impression d’avoir effacé leurs traces avec un balai, puis de s’être envolées dessus.

Bon 17e anniversaire ma fille, nous t’aimons et tu nous manques… Ta sœur voulait qu’il y ait un gâteau et des bougies. Alors ce soir on fête ton anniversaire. Tu leur manques et ils te réclament tous les jours. Appelle Grandma, c’est tout ce que tu as à faire, on veut juste entendre ta voix et savoir que tu vas bien. Juste un coup de fil… S’il te plaît… Je t’aime fort. Ta Famille (6 novembre).

La dernière fois que je suis allée à Kitigan Zibi, j’ai quitté la réserve par le sud. Je me suis retournée pour regarder les filles sur le grand panneau. J’aimerais bien les connaître. Leurs silhouettes longilignes, leur appétit vital hantent les rues de Kitigan Zibi et de Maniwaki.

Où sont-elles.

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Photo : Rémi Leroux, 2014.

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