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État des lieux avant le 7 octobre 2023 : état des collections, des fonds et les équipements.
Bâtiments de l’Université, avant leur destruction.
La bibliothèque se trouve au fond à droite, dans le bâtiment nommé “Ibn ḫaldūn”.
Source : Site de la bibliothèque.
Historique
Bâtiment de la bibliothèque.
Le logo de l’Université est visible en bas à gauche.
Source : Maryam Jaber.
La bibliothèque a été créée en 2005, en même temps que l’université.
Bâtiment
D’après le « Assessment Report » publié par l’université le 26 juillet 2025, la bibliothèque s’étendait sur 800m² [1].
En termes d’équipement et de décoration intérieure, des efforts de modernisation de la bibliothèque avaient été entrepris : « Depuis sa création en 2005, l’administration universitaire s’est employée à la développer et à la moderniser dans divers domaines, notamment en l’équipant de ressources documentaires et de matériels de pointe. Elle est climatisée et moquettée (...). » [2].
Collections / Fonds documentaires
Le bilan publié fin juillet 2025 par le personnel de l’université indique que la bibliothèque détenait « 38 000 ouvrages » en arabe et en anglais, notamment des « manuels scolaires, des revues universitaires, des ouvrages de référence, des thèses et des sources rares liées à l’histoire et l’identité palestiniennes » [3].
Ce même bilan ajoute que la bibliothèque « soutenait des plateformes d’enseignement en ligne » et permettait l’accès à de nombreuses bases de données internationales. Toujours d’après ce bilan, la bibliothèque incluait 50 000 ressources électroniques en plus d’un accès à différentes bases de données au travers de la PALICO (un consortium de bibliothèques universitaires palestiniennes) [4].
Une rangée de la bibliothèque.
Source : Maryam Jaber.
D’après le témoignage de Maryam Jaber, la directrice de la bibliothèque [5] :
Elle accueillait ses usagers quotidiennement et répondait à leurs besoins en information grâce à des ressources variées, comprenant des livres, des revues et des thèses universitaires. Nous travaillions à la préparation de ces documents étape par étape, depuis le catalogage et la classification jusqu’au traitement matériel et au rangement, afin de les rendre prêts à l’utilisation tout en garantissant un accès facile. Grâce à cela, nous avons pu offrir des services de prêt, de référence et de recherche électronique, en plus de mettre à disposition des ressources imprimées et numériques selon les besoins des usagers. »
Équipements
Salle informatique de la bibliothèque.
Source : Archive du site de la bibliothèque.
Les photos ci-dessus montrent que la bibliothèque était équipée d’une salle informatique. De plus, la description des fonds de la bibliothèque mentionne un fonds numérique de 60 000 documents [6].
D’après le témoignage de Maryam Jaber, la directrice de la bibliothèque [7] :
Salle informatique de la bibliothèque.
Source : Archive du site de la bibliothèque.
La bibliothèque disposait également d’un laboratoire informatique dédié aux étudiants, qu’ils utilisaient pour effectuer des recherches, réaliser leurs travaux universitaires et accéder aux ressources numériques. Ce laboratoire constituait un élément essentiel du soutien au processus éducatif, tant au sein de l’université qu’à l’extérieur. Avant le déclenchement de la dernière guerre, la bibliothèque jouait un rôle essentiel dans le soutien du processus éducatif et de la recherche, notamment à travers :
La mise à disposition de ressources documentaires imprimées et numériques.
L’accompagnement des étudiants dans la consultation des références et la recherche académique.
Le service aux membres du corps enseignant.
La création d’un espace éducatif et communautaire au sein du campus universitaire.
Public(s) et activités
La vie de la bibliothèque
Visite de l’école pour filles Nuseyrat
Source : site de l’école
La Bibliothèque recevait des classes d’élèves du secondaire et de primaire, comme le montrent les archives des activités de la bibliothèque. La bibliothèque a reçu, entre autres, le lycée ʿUthmān b. ʿAffān pour garçons, l’école primaire ʿAyn Jālūṭ, l’école primaire Khān Yūnis, le lycée Ḥamad b. Khalīfa pour filles, etc. C’est la directrice de la bibliothèque qui conduit ses visites et s’adresse aux élèves et aux enseignants, et qui a pour ambition de tisser des liens avec les établissements en localité [8].
D’après le témoignage de la directrice de la bibliothèque [9] :
La bibliothèque était un espace ouvert à tous : aux étudiants, aux universitaires, aux chercheurs ainsi qu’aux membres de la communauté locale. Nous recevions à la bibliothèque des délégations et des visiteurs issus de différents niveaux d’enseignement et de diverses institutions. La bibliothèque constituait un espace ouvert à l’apprentissage, à l’échange et au partage des expériences. Nous participions également de manière régulière aux salons du livre locaux et contribuions à des ateliers et à des séminaires scientifiques organisés dans d’autres universités et institutions académiques, dans le cadre du renforcement de la coopération académique et de la diffusion du savoir au sein de la communauté. »
Nous avions une équipe d’étudiants bénévoles connue sous le nom de « Amis de la Bibliothèque ». Ils participaient au soutien des activités et des services de la bibliothèque, contribuaient à l’organisation des événements, assistaient les étudiants et promouvaient la culture de la lecture ainsi que le sentiment d’appartenance à la bibliothèque. Cette équipe constituait une véritable âme du lieu et servait de lien entre la bibliothèque, les étudiants et la communauté universitaire. »
État actuel : état des collections, des fonds et les équipements
Circonstances de la destruction :
Les bâtiments de l’Université de Palestine ont été intégralement détruits à l’aide d’explosifs par l’armée israélienne, aussi bien ceux de l’antenne sud (Khān Yūnis) le 18 janvier 2024 que ceux de l’antenne principale de Madīnat al-Zahrāʾ (1er avril 2024). Cette seconde destruction intervient après que les États-Unis ont officiellement demandé des éclaircissements au sujet de la première de ces opérations [12], et que le responsable de l’unité 99, Barak Hayram, a été réprimandé pour avoir détruits des bâtiments universitaires sans en avoir reçu l’autorisation (déclaration officielle de l’armée israélienne le 13 mars 2024) [13].
Le résultat de ces destructions est visible sur le service en ligne Google Earth. On y voit que le 30 octobre 2023, les bâtiments de l’université étaient toujours intacts. Or, le 3 avril 2024, le campus était déjà détruit.
Photo-satellite de l’Université.
30 octobre 2023.
Source : Google Earth.
Photo-satellite de l’Université.
3 avril 2024.
Source : Google Earth.
Description des destructions et/ou dommages
Bâtiment :
Un bilan des destructions a été dressé fin juillet 2025 par le personnel de l’université qui indique que « la perte totale l’infrastructure, les collections, les systèmes numériques et les ressources historiques constitue un coup dévastateur à l’éducation supérieure en Palestine [14] [...] ».
Photo-satellite de l’Université.
Juillet 2025.
Source : Google Earth.
Le service Google Earth montre que les bâtiments de l’université ont été rasés puis déblayés par des bulldozers israéliens.
Le campus aurait été utilisé comme base militaire par l’armée israélienne [15] :
The University in Al-Zahraa city was blown up completely and turned into a military base – the former settlement of Netzarim. »
(L’université située dans la ville d’Al-Zahraa a été complètement détruite et transformée en base militaire – l’ancienne colonie de Netzarim.)
Les bâtiments de la branche de l’université à Khān Yūnis ont également été détruits. Une page de l’université indique que la branche de Khān Yūnis se trouvait à côté de l’Hôpital Dār al-Salām, or la zone autour de l’hôpital a été rasée [16].
Les bâtiments situés à Shaykh Zāyid (Bayt Lāhyā) sont très certainement détruits dès lors que le quartier a été rasé (limitrophe de Bayt Ḥanūn).
Collections / Fonds documentaires :
Le bilan de l’université [17] indique que :
100 % des collections (archives, ouvrages, manuscrits, thèses etc.) sont détruites.
100 % des infrastructures numériques (serveurs, terminaux d’accès, équipements de communication etc.) sont détruites.
Équipements :
Aucun équipement ni aucune ressource n’a pu être sauvé.
Depuis octobre 2023 jusqu’à la date de rédaction de ce certificat, les employés de l’université, y compris le personnel de la bibliothèque, n’ont reçu aucun salaire. En l’absence de mécanismes de soutien alternatifs ou de mesures de protection de l’emploi dans le contexte de la guerre, l’université s’est en pratique désengagée de ses employés, ce qui a entraîné la perte totale de revenus pour le personnel académique et administratif, ainsi que l’effondrement de leur stabilité professionnelle et de leurs conditions de vie. »
Sources écrites :
Les sources sont référencées dans les notes de bas de page.
Sources iconographiques et audiovisuelles :
Vidéo Youtube de PalestineTV montrant le moment où l’armée israélienne a fait exploser le campus de Khān Yūnis, le 18 janvier 2024.
Témoignages :
Extrait d’un article paru dans Le Monde du 7 mars 2024 évoquant l’état de l’université depuis l’invasion.
Being accepted at the University of Palestine in Gaza provided the "gateway to independence" for Bisan Alkolak. When she received the phone call in September 2021 announcing her admission to the clinical pharmacy degree program, she was "ecstatic," she recalled. Today, her university is nothing but a pile of ruins. The establishment was destroyed by the Israeli army bombing in December 2023, two months after the start of the war launched in response to the Hamas attack of October 7.
(Être admise à l’université de Palestine à Gaza offrait « une passerelle vers l’indépendance » à Bisan Alkolak. Quand, en septembre 2021, celle-ci reçoit un appel lui annonçant qu’elle est admise dans le cursus de pharmacie clinique, elle se souvient s’être « extasiée ». Aujourd’hui, son université n’est plus qu’un tas de ruines. L’établissement a été détruit par un bombardement de l’armée israélienne en décembre 2023, deux mois après le début de la guerre lancée en réponse aux attaques du Hamas le 7 octobre.)
Témoignage de Maryam Jaber, directrice de la bibliothèque [19] :
Malgré la guerre et toutes les difficultés qui l’ont accompagnée, je n’ai pas pu cesser d’aider celles et ceux qui me contactaient pour demander des références scientifiques électroniques, qu’il s’agisse de collègues universitaires ou d’étudiants. Je leur répondais, dans la mesure du possible, via les réseaux sociaux et le courrier électronique, même durant les périodes où l’accès à Internet était extrêmement difficile. »
« Après la destruction de la bibliothèque, j’ai perdu l’ordinateur portable sur lequel je travaillais et j’ai été contrainte de m’appuyer uniquement sur mon téléphone personnel, en essayant d’économiser la batterie et la connexion Internet dans des conditions très éprouvantes. Malgré cela, j’ai poursuivi mon aide, animée par un profond sens de la responsabilité et par ma conviction que l’accès au savoir est un droit qui ne doit pas s’interrompre, même dans les moments les plus difficiles. »
Clés de la bibliothèque
Source : Maryam Jaber.
« Je conserve toujours la clé de la bibliothèque avec moi, bien que je sache qu’elle a été détruite. La bibliothèque n’était pas simplement un lieu de travail, elle faisait partie de ma vie. J’y ai travaillé pendant dix-huit ans, en partant de zéro, et au fil des années, elle est devenue l’une des meilleures bibliothèques. Tout ce que j’y ai construit n’était pas seulement un emploi, mais l’œuvre de toute une vie. »
Durant la période de la guerre, aucune intervention d’urgence n’a pu être menée, car l’université se trouvait dans une zone d’invasion et était totalement inaccessible. »
Programme de restauration/reconstruction possible :
Le coût des pertes subies est estimé pat l’université à 200 000 dollars américains. Les difficultés financières et matérielles des universités sont évoquées dans plusieurs témoignages recueillis dans le document « Destruction of higher education (educide) in the Gaza Strip : Assessment and support mechanisms » publié en juillet 2024 par Dr. Ibrahim Rabaia et Dr. Lourdes Habash [21].
Le rapport de juillet 2025 [22] publié par l’université prévoit le plan de reconstruction suivant :
Réaliser les plans d’une bibliothèques post-conflit moderne et robuste.
Donner en priorité à des ressources numériques en parallèle de la reconstruction des fonds papiers.
Inclure la prise en compte des traumatismes et la résilience éducative comme principes directeurs de la nouvelle bibliothèque.
Actuellement, il n’existe aucun plan de reconstruction, car la destruction ne s’est pas limitée à la bibliothèque uniquement, mais a concerné l’ensemble des bâtiments de l’université. »
Besoins en cas de possibilité d’intervention et de soutien :
Le bilan publié par l’université [24] indique que celle-ci recommande plusieurs actions :
Émission d’un appel à la solidarité internationale, notamment de la communauté scientifique, soulignant la destruction totale de la bibliothèque physique comme virtuelle, matérielle comme immatérielle.
Mise en place un accès distant numérique pour les étudiant·es déplacé·es au travers de partenariats universitaires.
Collecter des dons de ressources digitales, e-livres et dons d’accès à des plateformes numériques d’institutions internationales.
Création d’une « bibliothèque d’urgence » numérique avec un accès libre à des ressources en arabe et en anglais.