Médiathèque de l’Institut français de Jérusalem, antenne de Gaza

المكتبة الوسائطية للمعهد الفرنسي في القدس، فرع غزة

31 mars 2026

 

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La Médiathèque de l’Institut français de Jérusalem – antenne de Gaza (المكتبة الوسائطية للمعهد الفرنسي في القدس، فرع غزة), située sur l’avenue Charles de Gaulle, en face du palais présidentiel de Yasser Arafat, a été inaugurée en 1982. Elle était ouverte du dimanche au jeudi, de 9 h à 16 h et le personnel de la Médiathèque était toujours accueillant. Elle a été bombardée le 3 et le 11 novembre 2023, et de facto mise hors-service. Le bâtiment, très reconnaissable dans l’espace de la ville en raison de sa couleur et de son architecture singulière, abritait une bibliothèque qui comptait quelques milliers de livres et des fonds numériques. Elle se trouvait au sein de l’Institut français qui organisait des cours de français pour celles et ceux qui voulaient apprendre la langue et connaître la culture du pays. Il y avait aussi des expositions et des concerts. La cafétéria était un lieu d’accueil, d’hospitalité où il était possible de lire et d’écrire.

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Dénomination

Typologie : Bibliothèque d’Organisation étrangère
Date de création : 1982 puis 2014
Date de destruction : 3 novembre puis 11 novembre 2025 [1]
Dénomination en Arabe : المكتبة الوسائطية للمعهد الفرنسي في القدس، فرع غزة
Translittération : Al-Maktaba al-wasāʾiṭiyya li-l-maʿhad al-faransī fī-l-Quds, farʿ Ghazza
Dénomination en Français : Médiathèque de l’Institut français de Jérusalem, antenne de Gaza

 
Localisation et coordonnées

Adresse : rue Charles de Gaulle – Gaza
Téléphone : 08 28 67 883 / 08 28 28 251
Adresse mail : ifj-gaza@consulfrance-jerusalem.org
Coordonnées DMS : 31,520725 / 34,434936
Site internet : Institut Français de Jérusalem, « Qui sommes-nous  ? »
Institut Français de Jérusalem, « Notre médiathèque »
Facebook : https://www.facebook.com/InstitutFrancaisGaza/
Instagram : https://www.instagram.com/ifgaza/
Twitter : https://twitter.com/ifgaza

Horaires d’ouverture

Réception : Du dimanche au mercredi : 9:00- 16:30
Jeudi : 9:00-15:00
Coordination pédagogique : Du dimanche au jeudi : 10:00-16:00
Médiathèque : Du dimanche au jeudi : 9:00-16:00

Description avant le 7 octobre incluant le site, les collections / fonds et les équipements

Date de création et historique

L’antenne culturelle de l’Institut français de Jérusalem à Gaza a ouvert en pleine guerre du Liban, en 1982, dans une villa du quartier Al-Rimāl à Gaza ville. En 2014, un nouveau bâtiment a été construit avenue Charles de Gaulle, en face du Palais présidentiel de Yasser Arafat. La France est le seul pays étranger à posséder un centre culturel dans l’enclave. L’une de ses principales missions est de proposer des cours de français. C’est dans ces locaux que l’actuelle ambassadrice palestinienne en France, Hala Abou Hassira, a appris le français. En parallèle étaient aussi organisés des expositions, des concerts… C’était un lieu culturel important de Gaza. [2]

Bâtiment

Le bâtiment de la Médiathèque occupe une surface de 1000 m². La médiathèque est divisée en quatre salles de cours, un hall d’exposition, la médiathèque elle même et une cafétéria. Le bâtiment a été inauguré en 2014, peu de temps avant le début de l’opération israélienne « Bordure protectrice » le 8 juillet 2014.

Elle compte cinq espaces. Une salle informatique, une salle pour le Français Langue Étrangère (FLE) dédiée à tous les documents en relation avec l’apprentissage du français. C’est une sorte de médiathèque dans la médiathèque, avec une grande table et des fauteuils confortables, ce qui en faisait un lieu d’accueil et de discussion idéal. Elle comprenait également un coin pour les enfants avec des étagères adaptées et un coin DVD équipé d’une télévision et d’un lecteur de DVD 3D [3].

Collections

Les collections comportent des documents sur tous supports, appartenant aux dix divisions du savoir selon la classification Dewey, classés principalement en deux grandes catégories : catégorie « adultes » et catégorie « jeunes ». Plus de 1 200 DVD, 500 CD, 5 000 ouvrages comprenant des livres, des albums et des BD, et un petit fonds en arabe [4].

Créée par l’Institut français, une bibliothèque numérique baptisée « Culturethèque » est accessible aux adhérents dès leur inscription. Elle propose de grands titres de la presse française, des bandes dessinées, des romans, des ouvrages sur des thématiques d’actualité, des modules d’autoformation, des livres pour les apprenants de français et notamment des lectures en français facile, des articles de sciences humaines, des captations de concerts et des webdocumentaires [5].

Activités

L’Institut était apprécié pour sa Médiathèque où les étudiants de Gaza venaient profiter de la connexion Internet dans un bâtiment climatisé [6]. La Médiathèque organisait diverses activités : lecture de contes avec les enfants des jardins d’enfants, visites des élèves des écoles, rencontres de deux clubs de lecture, soutien pour les usagers de niveau débutant et avancé [7].

Vie de la bibliothèque avant le 7 octobre

Le 4 octobre 2023, la bibliothèque a mis en place des cours de français assurés par l’Institut français de Gaza, à destination de 16 étudiants du camp de Khan Younis [8]. Ce projet a été réalisé avec le soutien de la ville d’Évry-Courcouronnes. En août 2023, une activité de fabrication de marionnettes et de formation théâtrale a également été organisée. Le centre permettait également à des artistes palestiniens de partir en résidence à la Cité des arts à Paris. La culture était ainsi devenue l’une des rares voies pour sortir de l’enclave [9].

Le bâtiment a été légèrement endommagé dans un incendie, à l’automne 2014 [10], peu après la guerre, après deux explosions attribuées à des groupuscules salafistes, ce qui a conduit à la fermeture de l’Institut [11].

Chiffres transmis par François Tiger à l’équipe Reading in Gaza [12] (François Tiger est l’ancien directeur délégué de l’Institut jusqu’en 2024).

 
2021
2022
2023
Nombre d’adhérents :
136
94
117
Nombre de prêts
350
215
134
Nombre d’ouvrages
5 946
6 217
Nombre de CD et DVD
20
1 978
1 978
Nombre d’inscrits pour les ateliers payants :
1940
90
52
Nombre d’inscrits pour les ateliers gratuits :
50
321
 –

Équipements

La médiathèque est équipée de 11 ordinateurs avec une connexion Internet. [13]

Personnel

Les personnel est composé de deux salariés, dont Īhāb Abū Maʿmar, chargé des activités culturelles de l’Institut, en poste depuis 2000, une vingtaine d’agents, de professeurs vacataires et d’animateurs occasionnels. [14].

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Publicité pour la « Culturothèque » de la Médiathèque
Institut Français de Jérusalem. « Notre médiathèque ». Institut Français de Jérusalem - Gaza.

Vie de la bibliothèque avant le 7 octobre [15]

Le 4 octobre 2023, la bibliothèque a mis en place des cours de français assurés par l’Institut français de Gaza, à destination de 16 étudiants du camp de Khan Younis. Ce projet s’est fait avec le soutien de la ville d’Evry Courcouronnes. En août 2023, une activité de fabrication de marionnettes et de formation théâtrale a également été organisée. Le centre permettait également à des artistes palestiniens de partir en résidence à la Cité des arts à Paris. La culture était ainsi devenue l’une des rares voies pour sortir de l’enclave [16].

Le bâtiment a été légèrement endommagé dans un incendie, à l’automne 2014 [17] peu après la guerre, du fait de deux explosions attribuées à des groupuscules salafistes, lesquelles conduisent à la fermeture de l’Institut [18].

Description de l’état actuel incluant le site, les collections / fonds et les équipements

Date des dommages / destructions

3 novembre puis 11 novembre 2023

Circonstances des dommages / destructions

Le bâtiment aurait été touché ou ciblé par l’armée israélienne le 3 novembre 2023, en raison de sa proximité avec le ministère de l’Intérieur du Hamas. Le mur d’enceinte a été endommagé, mais le corps principal du bâtiment est resté en grande partie intact. Peu après l’explosion, des soldats israéliens ont investi les lieux. Selon deux sources locales ayant eu accès à une vidéo tournée sur le site, les murs auraient été recouverts de graffitis et une partie des locaux aurait été incendiée, notamment la Médiathèque par les militaires [19]. Le samedi 11 novembre 2023, l’édifice a été nouvellement touché. [20]

Description des dommages / destructions

Le bâtiment est toujours debout, endommagé et tagué par les troupes de l’armée israélienne. Nous ne disposons d’aucune information précise concernant l’état des collections documentaires ou des équipements de la Médiathèque.

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Vue aérienne de l’Institut français de Jérusalem, antenne de Gaza, 7 août 2025

Situation du personnel

Le personnel avait été évacué avant les bombardements [21]. Mais on compte quatre morts parmi les membres de l’équipe, qui comptait une vingtaine de personnes [22] :

  • Muḥammad Qurayqaʿ, jeune animateur vacataire, mort le 17 octobre dans l’explosion de l’Hôpital al-Ahlī al-ʿArabī de Gaza où il était venu apporter un soutien psychologique bénévole à des enfants hospitalisés.
  • Fatḥiyya Falīt, professeure de français vacataire, tuée le 12 octobre dans le bombardement de sa maison.
  • Aḥmad Abū Shamla, qui servait depuis vingt ans d’ange gardien aux diplomates et ministres français de passage dans l’enclave côtière, a été tué dans un bombardement sur la ville de Rafah.
  • Rāmī Fayyāḍ, un enseignant qui avait appris le français devant les films de TV5, a succombé de la pénurie de médicaments dans le contexte du blocus israélien.

Īhāb Abū Maʿmar, chargé des activités culturelles de l’Institut, a pu quitter Gaza le 7 novembre 2023 et se trouve désormais en France.

Vie de la Médiathèque après le 7 octobre

Depuis l’offensive israélienne sur Gaza, les cours de français, initialement dispensés à l’Institut français de Gaza, ont été transférés à l’association Academic Solidarity with Palestine (ASWP) [23]. Celle-ci accueille désormais environ 150 étudiants en français, encadrés par plus de 15 professeurs bénévoles. ASWP assure ainsi la continuité de l’enseignement du français et d’autres langues (anglais, italien, allemand, espagnol, etc.). Ces cours en ligne représentent une résistance solidaire face à ce qui est désormais qualifié comme un éducide par une majorité d’observateurs institutionnels internationaux [24]. Ces cours permettent aux étudiants gazaouis de poursuivre leur apprentissage linguistique et de préparer leur avenir académique, certains ayant déjà obtenu des bourses ou des admissions dans des universités françaises pour des études supérieures.

Le 3 septembre 2025, une tribune paraît dans le journal Le Monde [25]. Elle est signée par la totalité des étudiants francophones de Gaza qui suivent les cours de français en ligne dispensés par l’Institut même si la liste des signataires n’est pas rendue publique pour des raisons de sécurité. Dans cette tribune, les signataires appellent à la réouverture des frontières entre Gaza et la France. L’enjeu d’une telle tribune est de tenter de rendre possible à nouveau l’évacuation des étudiants dont les candidatures ont été acceptées dans le cadre du programme PAUSE (Programme national d’accueil en urgence des scientifiques et des artistes en exil, financé par l’État français [26]). Ce programme est financé par l’État français et il est destiné à l’accueil d’urgence des artistes et des scientifiques étrangers en France [27]. En dépit de l’urgence de la situation et malgré l’acceptation et le financement d’un nombre importants de dossiers, l’accès au territoire français a été suspendu par l’État français [28], et les candidatures en provenance de Gaza ne sont désormais plus prises en compte dans le cadre du programme [29].

Dans cette tribune, le paragraphe qui suit aborde en particulier l’apprentissage en ligne du français dispensé par l’ONG Academic Solidarity with Palestine sous l’égide de l’Institut français à Gaza :

« Nous sommes une centaine d’étudiants à suivre régulièrement nos leçons de français, deux à trois fois par semaine. En réalité, nous sommes même davantage : depuis le début de l’année, nous avons été plus de 250 à nous inscrire aux cours de français. Nous avons appris à suivre un cours en ligne avec un petit téléphone, très souvent sous une tente, ou même dans un coin écarté, dehors, dans les gravats. Nous partageons entre nous nos documents, nos exercices et nos devoirs, car toutes les bibliothèques, y compris virtuelles, ont été détruites. La majorité d’entre nous ne verra certainement jamais la France et le sait pertinemment. La connexion Wi-Fi est souvent très mauvaise. On suit les cours en étant malade ou en ayant faim. Mais on n’abandonne pas [30]. »

Sources écrites

  • Tiger François, courriel à Reading in Gaza, août 2025.

Sources iconographiques

Programme de restauration/reconstruction possible

En août 2024, Alexandre Calvez est nommé directeur délégué de l’Institut français de Gaza. Selon une source diplomatique, cette nomination constitue « un signal politique fort de nommer un nouveau directeur alors que le bâtiment n’est plus en activité et qu’il est impossible de se rendre sur place [31]. »

Toujours selon cette source, cette nomination vise aussi à la mise en place de partenariats avec les institutions locales, notamment :

  • le programme artistique de l’Université Dar al-Kalima, qui accompagne et forme des artistes gazaouis, et
  • la librairie Samir Mansour (Fiche 40) [32], qui distribue des livres dans les camps. [33].

Par ailleurs, un renforcement des activités en ligne serait envisagé dans les prochains mois [34]. Ces actions s’inscrivent dans le cadre de l’aide financière de 100 millions d’euros accordée par la France à la Palestine [35].

Mais surtout, cette nomination s’inscrit dans la perspective de maintien d’une présence institutionnelle et de la préparation à une réouverture de l’Institut français à Gaza dès que les conditions le permettent [36].

Informations techniques

Numéro de fiche : 21
Lien avec d’autres fiches : -
Typologie : Bibliothèque d’organisation étrangère
Auteurice(s) : Hugues Jallon, Athéna, Zoé, Cécile, Dominique Dupart, Paul Elani
Date de création de la fiche : 07/08/2025
Date(s) de mise-à-jour : 02/03/2026, 28-29-30/03/2026
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La Médiathèque de l’Institut français de Jérusalem à Gaza
Techniques mixtes : impression, feutres à alcool et à eau, pastels secs, crayons de couleur, critérium, pollen de lys, collage et photomontage, 23 × 29,5 cm.
Iban Gaizka, mars 2026

Cette œuvre a été spécialement créée pour Reading in Gaza par l’artiste Iban Gaizka.
 

Cette illustration représente l’antenne gazaouie de l’Institut français de Jérusalem. La couleur jaune du bâtiment souligne le caractère institutionnel et identifiable du site bombardé. J’ai représenté les dégâts sur la structure en pliant des copies d’ouvrages issus des collections de la médiathèque – le cahier d’activités Totem 1 et le roman Dans le café de la jeunesse perdue, de Patrick Modiano (2007). Les phrases délitées révèlent le contraste entre un langage du pouvoir et la destruction d’un lieu culturel. »
  — Iban Gaizka, mars 2026.

Pour citer cet article :
Hugues Jallon, Athéna, Zoé, Cécile, Dominique Dupart, Paul Elani (7 août 2025, mis à jour le 30 mars 2026). n° 21 — Médiathèque de l’Institut français de Jérusalem, antenne de Gaza / المكتبة الوسائطية للمعهد الفرنسي في القدس، فرع غزة. Reading in Gaza. Consulté le [date] sur https://www.visionscarto.net/mediatheque-de-l-institut-francais

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