Symposium et ateliers sur les pratiques de cartographie expérimentale et sensorielle dans le cadre de la recherche en sciences sociales : Programme

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8 avril 2026

 

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Ce symposium a été financé par le projet Embodied Ecologies, ainsi que par l’université de Wageningen, – Savoir, Technologie et Innovation (STI) et le Conseil européen de la recherche (ERC).

Il s’est déroulé du lundi 29 septembre au mercredi 1er octobre 2025.

1 – Lieu, dates et localisation

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Université de Wageningen (WUR)
Bâtiment Impulse Stippeneng
2-115 6708 WE Wageningen, Pays-Bas.

Dates :
Lundi 29 septembre : 9h00 – 17h30
Mardi 30 septembre : 9h00 – 17h30
Mercredi 1er octobre : 9h00 – 14h00

Contacts :
Emma van Dalen emma.vandalen at wur.nl
Philippe Rekacewicz philippe.rekacewicz at wur.nl
Mariana Rios Sandoval mariana.riossandoval at wur.nl

2 – Activités et ce que nous vous invitons à apporter

À partir du lundi 29 septembre, nous nous retrouverons à l’université de Wageningen aux Pays-Bas pour partager nos pratiques cartographiques, nos idées et notre créativité.

Nous allons donc « ressentir l’espace », dessiner, cartographier, écouter et dialoguer dans une atmosphère que nous espérons conviviale et informelle. Parmi les participantes, certaines, provenant de milieux francophones ou hispanophones, ne sont pas très à l’aise avec l’anglais, qui sera notre langue principale d’échange. Nous comptons donc sur votre bienveillance et votre compréhension. Quoi qu’il en soit, nous partageons tous une langue commune : celle du dessin cartographique, qui devrait nous être d’une grande aide.

Au cours de ces deux jours et demi, les théoriciennes et praticiennes de la cartographie alternative — ainsi que les chercheures et participantes curieuxses — seront invitées à :

  • Partager et discuter des concepts, approches, domaines de recherche et questions en cours lors des présentations et des tables rondes ;
  • Explorer une variété de pratiques lors des ateliers, où les participantes expérimenteront la création de leurs propres cartes sensorielles et émotionnelles, à l’aide d’outils mêlant approches scientifiques et artistiques.

Ces exercices seront simples et accessibles à toutes et tous. Aucune compétence artistique ou cartographique préalable n’est requise — seulement l’envie de s’écouter soi-même et d’écouter les autres, d’explorer, de jouer et de partager.

Les conférences, comptes rendus des ateliers et synthèses, ainsi que toutes les cartes produites durant le symposium, seront compilés et publiés (à la fois en version imprimée et en ligne).

Ce symposium/atelier proposera trois types d’activités sur deux jours et demi :

  • Courtes présentations, au cours desquelles les participantes partageront méthodes et idées, et décriront les différents aspects de leurs pratiques cartographiques participatives ou créatives. Nous mettons un fort accent sur la brièveté des interventions (15 à 20 minutes maximum) afin de permettre, d’une part, le dialogue et les échanges, et d’autre part, de disposer du temps nécessaire pour animer les ateliers, dessiner et créer ;
  • Ateliers pratiques de 2 à 3 heures, au cours desquels nous réaliserons des cartes sensorielles et des illustrations à partir de données et informations collectées dans l’espace autour du lieu de rencontre, ou en explorant notre mémoire ;
  • Discussions collectives autour de thèmes et questions clés liés à la définition et à la pratique de cette cartographie sensorielle et émotionnelle, ainsi que des réflexions sur la pertinence de telles pratiques pour les sciences humaines et, peut-être, pour appréhender le monde et l’espace autrement.
  • Matériel de dessin : Nous fournirons le matériel de dessin : de nombreuses couleurs, pastels à l’huile, crayons et gouache, tout ce dont vous aurez besoin pour créer, dessiner, coller et découper. Vous êtes toutefois également invitées à apporter vos propres fournitures, vos crayons ou pastels, ceux que vous préférez utiliser !
  • Une ou deux publications : Au fil des années d’organisation de ces ateliers, nous avons instauré une tradition : nous demandons aux participantes d’apporter une ou deux publications sur la cartographie — livres, atlas ou revues traitant des cartes — afin de constituer ce que nous appelons une « bibliothèque temporaire (ou éphémère) » (puisqu’elle ne dure que deux jours et demi). Les livres seront exposés sur une table dans la salle pour que chacune puisse les consulter, les feuilleter et en discuter. N’oubliez pas d’inscrire votre nom et votre adresse e-mail à l’intérieur !
  • Le manuel militant de Cian Dayrit : Cian Dayrit est un artiste originaire des Philippines qui, malheureusement, ne pourra pas être présent en personne, mais a accepté de présenter ses travaux par visioconférence pour partager ses expériences dans des ateliers militants (Militant Mapping), dans lesquels des exercices de cartographie cognitive sont utilisés pour explorer et aborder les inégalités, les conflits et les formes de résistance.

Cian Dayrit demande que vous téléchargiez son « manuel militant »

  • Vous pouvez consulter au préalable les vidéos de la « série pédagogique Embodied Ecologies » qui présentent les outils de la artographie sensible dans le cadre du projet Embodied Ecologies.

3 – Programme

 
Lundi 29 septembre 2025 – 09h00 à 17h30
Lieu : Impulse, NcountR :

  • 09h00 – Accueil, café et buffet
  • 09h15–10h00 – Ouverture par Anita Hardon & Philippe Rekacewicz
    ▸ Introduction
    ▸ La cartographie dans le cadre du projet Embodied Ecologies
    ▸ Présentation et cadre de l’atelier
    ▸ Cartographie sensorielle : un peu de contexte et un peu de sémiologie
  • 10h10 – 12h15 : Atelier 1 :

Florence Troin & Philippe Rekacewicz – Balade sensorielle avec « privation d’un sens »

  • 12h15 – 13h00 – Présentations (Speaker’s Corner)

Denice Salvacion : Pratiques de cartographie créative et collaborative avec des communautés aux Philippines (en particulier dans la Cordillère, au Nord) : représenter les imaginaires, rendre visibles les interactions sociales complexes.

Precious Angelica Echague : Cartographier des « espaces flous » à Marikina, Manille (Philippines) :

  • 13h00 – 14h00 – Déjeuner
  • 14h00 – 14h30 – Conférence (Speaker’s Corner)

Josh Snow & Kevin Lai : Cartographier les infrastructures de gestion, entretien et préservation des sols à Amsterdam.

  • 14h30 – 16h30 : Ateliers en parallèle

Atelier 2a : Severin Halder & Paul Schweizer : Intégrer l’audio dans les cartes. Une méthode pour rendre audibles les sources orales et autres sources sonores dans nos cartes analogiques, afin de donner une voix à à tout ce qui échappe à la visualisation.

Atelier 2b : Aniara Rodado & Mariana Rios Sandoval : Créer une carte collective par le dessin, en se concentrant sur les perceptions corporelles. Le mouvement, le geste et le toucher guident l’exploration de l’espace, de la mémoire et de l’imaginaire.

16:30 – 16:45 - Pause

  • 16:45 – 17:30 – Présentations (Speaker’s Corner)

Katharina Wahedi : L’engagement des Haillom pour la terre et l’environnement : cartographie sensorielle à la ferme de réinstallation de Tsintsabis, Namibie.

Afroditi Avgerou : Mise en commun d’un espace toxique : exposition inégale, incarnation et action collective en périphérie de Paris.

 


 
Mardi 30 septembre 2025 – 09h00 à 17h30
Lieu : Impulse, NcountR :

  • 09h00 – 10h00 – Conférences (Speaker’s Corner)

Cian Dayrit : Intervention en visioconférence depuis Manille : Cartographie militante dans des ateliers où sont activés des exercices de représentationvisuelle cognitive pour explorer et traiter les inégalités, les conflits et la résistance.

Alexis Grussi-Séné, Alice Durot, Jakob Hottner, Mariana Rios Sandoval : Entre mémoire et exploration sensorielle : contamination, mobilisations et récits dans la ville industrielle de Fos-sur-Mer (France)

  • 10h00 – 10h20 : Pause
  • 10:20 – 12:30 : Atelier 3 première partie :

▸ Cette session d’atelier sera divisée en deux temps : une première partie de 2h10, puis, après le déjeuner et une présentation de Yamina, une seconde partie d’1h10, pour un total de 3h30.

▸ Nous proposons de doubler l’atelier du lundi afin d’offrir aux participantes l’occasion d’assister à l’un ou l’autre des ateliers qu’ils/elles auraient manqué la veille.

▸ La session commencera par une intervention de Florence Troin, qui présentera Trois ans de cartographie sensorielle et expérimentale à Mayotte (une île française près de Madagascar, dans l’océan Indien), avec des enfants et des adolescentes. Un court-métrage sera projeté à cette occasion.

▸ Choix d’ateliers entre :

1) Dessiner votre « carte d’identité » ou « la carte qui dit quelque chose de soi-même » (LCQDQCDSM) avec Philippe Rekacewicz & Florence Troin.

2) Intégrer l’audio dans les cartes. Une méthode pour rendre audibles les sources orales et autres sources sonores dans des cartes analogiques, afin de donner voix à tout ce qui échappent à la visualisation, avec Severin Halder & Paul Schweizer.

3) Créer une carte collective par le dessin, en se concentrant sur les perceptions corporelles et sensorielles. Le mouvement, le geste et le toucher guident l’exploration de l’espace, de la mémoire et de l’imaginaire, avec Aniara Rodado & Mariana Rios Sandoval.

  • 12:30 – 13:30 – Déjeuner
  • 13:30 – 14:30 : Atelier 3 deuxième partie :

▸ Presentation : Yamina Sam : Asmekhthey, ou le rituel du souvenir : une réappropriation des cartes coloniales par la diaspora kabyle (Algérie) en Suisse

▸ Poursuite et conclusion des ateliers du matin, suivies d’un débriefing collectif

  • 14:30 – 16:00 Présentations (Speaker’s Corner)

Emma van Dalen : Comment cartographier le « hygge » au Danemark, autrement dit les rassemblements entre amis et en famille où l’on « cherche simplement à se sentir bien et à profiter de l’amitié en étant ensemble ».

Andrea Pla i Rivas : Cartographier autrement : un manifeste au créé essentiellement avec des crayons de couleur.

Magdaleine Maire : « Espaces de respiration » à Marseille : spatialiser les désirs face au capitalisme urbain.

  • 16:00–16:30 : Pause
  • 16h30 – 17h30/18h00 – Discussion 1 avec l’ensemble du groupe (NcountR) :

▸ Cette discussion, ces échanges collectifs, c’est un moment où nous souhaitons vous inviter à réfléchir sur divers aspects de la pratique de la cartographie expérimentale (définition, épistémologie, pertinence pour les sciences humaines, résultats), mais aussi à partager vos propres expériences et sensations en tant que praticiennes — que ce soit sur le terrain avec des personnes enquêtées, par exemple, ou en contexte pédagogique avec des étudiantes.

▸ Elle se déroulera en deux temps : une première session le mardi soir, et une seconde le mercredi matin, en conclusion de notre rencontre. Cela signifie que les sujets que nous n’aurons pas eu le temps d’aborder mardi pourront être repris mercredi !

▸ Cartographie expérimentale : une discipline nouvellement émergée en quête de son identité : ce que nous appelons génériquement « cartographie expérimentale » et que nous pratiquons tous sous des formes très variées se retrouve également sous de nombreux autres noms : radicale, critique, sensorielle, émotionnelle, participative, créative, collective… Que peut-on dire de cette diversité terminologique ?

▸ Nous rencontrons également fréquemment l’expression « contre-cartographie », aujourd’hui critiquée par une partie de la communauté des cartographes critiques. Quelles seraient alors les manières les plus appropriées de nommer la discipline que nous pratiquons ?

▸ Que faisons-nous réellement, selon vous ? Comment nous définissons-nous et qu’est-ce qui nous motive pour choisir de pratiquer une cartographie « non conventionnelle », alternative aux pratiques traditionnelles ?

▸ Comment mettons-nous en œuvre cette « autre manière » de cartographier le monde ? Quelle est sa pertinence pour la recherche en sciences humaines et sociales, pour illustrer et cartographier les données et informations que nous recueillons à partir de nos expériences (ou celles d’autrui) de l’espace, du paysage et du territoire, ainsi que de nos mémoires tout au long de notre histoire et expérience personnelle (ou d’autrui) ?

▸ Ces sessions de discussion collective offriront également aux participantes l’occasion de partager des expériences cartographiques spécifiques qu’ils/elles n’auraient pas eu le temps de présenter lors de leurs communications (courtes). Elles constitueront également un espace pour faire remonter des problèmes avec lesquels ils et elles sont confrontées dans le cadre de leur patique ou leur recherche, et les soumettre au collectif.

 


 

Mercredi 1er octobre 2025 – 09:00 à 14:00
  • 09:00–10:30 – Présentations (Speaker’s Corner)

Camila Narbaitz Sarsur : Savoirs citoyens et données officielles, là où émergent les contradictions

David Bautista Perez : Du flux du fleuve Magdalena (Mexico) : une approche des enjeux socio-environnementaux à travers la cartographie participative

Miha Turcik : Planetary Public Stack, Flattened Worlds, Multiplying Perspectives (architecture [ou système] public planétaire, mondes applatis, perspeectives multiples) : Imaginaires planétaires critiques

10:30–10:45 - Pause

  • 10h40–12h40/13h00 – Discussion 2 avec l’ensemble du groupe (NcountR) :

▸ Remarques conclusives : Alors que nous terminons, prenons un moment pour un débriefing et un retour sur nos ateliers : avons-nous appris quelque chose de nouveau  ? En réfléchissant à nos expériences de cartographie sensorielle, l’une des méthodes employées en sciences sociales, nous pouvons nous demander si cette approche peut être considérée comme une véritable production de savoir, comparable à d’autres outils et techniques établis dans les sciences humaines.

▸ Il est autorisé de dessiner pendant cette session collective !

  • 12h40/13h00 – 14h00 – Déjeuner festif et clôture !

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