Bibliothèques de l’Université
al-Aqsa (AQU)

مكتبات جامعـة الأقصـي

5 octobre 2026

 

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Depuis la fondation de la Bibliothèque centrale en 1991, les bibliothèques de l’université al-Aqsa ont constitué un réseau de trois établissements situés à Gaza et à Khān Yūnis. Trois bibliothèques ouvertes et au service des étudiants, des enseignants, du personnel et des chercheurs. Leurs collections comptaient plus de 125 000 documents. Elles étaient complétéss par des ressources électroniques et des services de formation et de recherche documentaire. Depuis octobre 2023, la Bibliothèque centrale du campus de Gaza est détruite. Multiples bombardements. L’antenne d’al-Mawāṣī est aussi gravement endommagée. Les collections et les équipements ont été brûlés, détruits ou pillés. Concernant la bibliothèque du Collège communautaire al-Aqsa : ce qui lui est arrivé reste à documenter.

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Dénomination

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Entrée de l’université al-Aqsa [Site 1] - جامعة الأقصى
Source : “Position Paper on al-Aqsa University Crisis in the Gaza Strip”, Palestinian Center for Human Rights 2016,
https://pchrgaza.org/position-paper-on-al-aqsa-university-crisis-in-the-gaza-strip/

 

Typologie : Bibliothèques d’Université
Date de création : 1991
Date de destruction : octobre 2023
Dénomination en Arabe : مكتبات جامعـة الأقصـي
Translittération : maktabāt jāmiʿat al-Aqṣā
Dénomination en Français : Bibliothèques de l’Université al-Aqsa
Dénomination en Anglais : al-Aqsa University Libraries

 
Localisation et coordonnées

La Bibliothèque centrale de l’Université al-Aqsa [Site 1] est située sur le campus principal de l’université à Gaza, dans la zone universitaire de Tall al-Hawā (Tell al-Hawa) (مدينة غزة، منطقة جامعة تل الهوا). Elle dispose de deux autres antennes : la première antenne [Site 2] se situe sur le campus de l’université à al-Mawasi, Khān Yūnis (خان يونس) , dans la zone côtière. La seconde antenne [Site 3] se situe au Collège communautaire al-Aqsa pour l’enseignement intermédiaire à Khān Yūnis (خان يونس) .

Site 1 : Bibliothèque centrale de l’Université al-Aqsa (لمكتبة المركزية - al-maktaba al-markaziyya)

Établissement : شارع مصطفى حافظ. Rue Mustafa Hafez, Quartier des Universités / Rimal (al-Rimal / quartier Tell al-Hawa), Gaza
Email : Info@alaqsa.edu.ps
Site internet : https://www.alaqsa.edu.ps/ar/page/2116/جامعة-الأقصى-عمادة-شؤون-المكتبات
Site internet en anglais https://alaqsa.edu.ps/en/home/
Chaîne Youtube https://www.youtube.com/@AqsaUniversity
Téléphones : 0097082641601 et 0592673000
Coordonnées : 31.51377613569215, 34.440589506597185 - Ouvrir la carte

Site 2. Première antenne : Bibliothèque annexe du campus d’al-Mawāṣī (مكتبة المواصي, مبنى المجدل), Bâtiment al-Majdal

Etablissement : Route menant à la plage, campus de l’université à al-Mawasi, gouvernorat de Khān Yūnis, dans la zone côtière
Email : Info@alaqsa.edu.ps
Site internet : https://www.alaqsa.edu.ps/ar/page/2116/جامعة-الأقصى-عمادة-شؤون-المكتبات
Site internet en anglais https://alaqsa.edu.ps/en/home/
Chaîne Youtube https://www.youtube.com/@AqsaUniversity
Téléphones : 0097082641601 et 0592673000
Coordonnées : 31.3572733 ; 34.27583642 - Ouvrir la carte
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Bibliothèque annexe du campus d’al-Mawāṣī, مكتبة المواصي, site 2.
Source : Palestine Studies.
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Portail de l’entrée des étudiants du site al-Mawāṣī de Khān Yūnis de l’université, site 2.
Source : “Porte de la jeunesse, succursale universitaire de Khān Yūnis”, Université Al-Aqsa - Gaza 2016b
https://www.facebook.com/photo?fbid=1057762684320008&set=a.647762167385056
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Portail de l’entrée des étudiants du site al-Mawāṣī de Khān Yūnis de l’université, site 2.
Œuvre : Alaa Aljaabari 2026.
Alaa Aljaabari est une artiste visuelle qui réside à Gaza. Elle utilise le dessin et la narration visuelle comme geste mémoriel et sensoriel dans le cadre d’un contexte humain très complexe. Elle considère l’art comme un moyen d’archivage vivant, une possibilité de réparation ainsi qu’une voix pour dire l’indicible.

Site 3. Deuxième antenne : Collège communautaire al-Aqsa pour l’enseignement intermédiaire.

Établissement : Khān Yūnis, Ancien bâtiment du College of Education
Coordonnées : 31.349001, 34.30335
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Vues intérieures de la Bibliothèque du Collège communautaire al-Aqsa à Khān Yūnis [Site 3].
Source : Bibliothèque universitaire de Khān Yūnis, Collège communautaire al-Aqsa 2022,
https://www.facebook.com/photo/?fbid=572993914837438

 

État des lieux avant le 7 octobre 2023 : état des collections, des fonds et des équipements

L’université al-Aqsa a été créée en 1991, lorsque l’institut de formation des instituteurs est devenu une faculté des sciences de l’éducation. En 2002, la faculté a pris le nom d’al-Aqsa après sa transformation en université.

Le collège communautaire al-Aqsa pour les études intermédiaires a été fondé en 2007. Il s’agit d’un collège académique public, qui délivre des diplômes universitaires intermédiaires d’enseignement technique et professionnel.

Date de création et historique de la Bibliothèque centrale de l’Université al-Aqsa (Gaza-ville) [site 1]

La Bibliothèque centrale de l’université [Site 1] a été fondée en 1991. Elle a débuté avec un petit fonds ne dépassant pas les 3 000 livres jusqu’en 1995. Celui-ci a dès lors a été constamment enrichi, notamment par le biais de la participation à des foires locales et à celles d’autres pays arabes.
Par la suite, la Bibliothèque centrale s’est modernisée avec l’introduction d’ordinateurs et le passage du système de gestion de l’information CDS/ISIS à un système numérisé.

En 2021, la bibliothèque comptait 119 079 ouvrages scientifiques, avant d’atteindre les 125 272 ouvrages. De plus, une salle de remise des diplômes avait été créée (de même qu’une autre à l’antenne de Khān Yūnis [Site 2]). Une bibliothèque électronique et des infrastructures dédiées avaient été mises en place.

La bibliothèque disposait ainsi d’une infrastructure technique récente et de services variés : prêt, recherche documentaire, scan, réservation des documents. L’ensemble obéissait à des règles claires adaptées aux différentes catégories d’utilisateurs. La bibliothèque avait poursuivi la numérisation de ses fonds et le renforcement de la coopération locale pour accroître la recherche scientifique et les échanges d’expertises grâce à des accords de coopération avec les autres bibliothèques universitaires de la bande de Gaza (Université al-Aqsa 2026).

Bâtiment de la bibliothèque centrale de l’Université al-Aqsa [Site 1]

La Bibliothèque centrale [Site 1] comportait plusieurs salles, dont quatre réservées aux livres en arabe, une réservée aux livres en langues étrangères, quel que soit le domaine, une réservée aux périodiques et aux travaux académiques (mémoires et thèses) et enfin une salle réservée aux ouvrages sur la Palestine, spécificité de la bibliothèque. En effet, cette salle réunissait tout ce qui a été publié sur la Palestine ou par des éditeurs palestiniens, ainsi que des impressions officielles et des manuscrits consacrés à la Palestine (Thanaa Ishaq Nesman, Directrice des bibliothèques de l’université al-Aqsa, communication personnelle, 9 février 2026).

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Université al-Aqsa, cour intérieure du bâtiment Harazeen, campus de Gaza ville. 9 mars 2018 [site 1]
Source : Compte Facebook de l’université.

Collections/fonds documentaires de la bibliothèque centrale de l’Université al-Aqsa [Site 1]

La bibliothèque contenait un fonds exceptionnel de 125 272 références comprenant des livres en arabe et de livres en langues étrangères, ainsi que de nombreux travaux académiques, périodiques, recherches, documents officiels, CD et manuscrits correspondant à toutes les spécialités enseignées à l’université. Il y avait beaucoup d’acquisitions récentes.

La bibliothèque permettait également aux étudiants et chercheurs d’accéder à distance à un vaste réseau de ressources électroniques internationales via le portail numérique de l’université. Cet espace connectait directement l’établissement aux bases de données spécialisées de grands éditeurs académiques, de sociétés savantes et d’organismes de recherche arabes et internationaux. Les usagers bénéficiaient notamment d’un accès à la plateforme EduSearch, développée par l’éditeur Dār al-Manẓūma, ressource incontournable pour la pédagogie, la didactique et les sciences humaines, ainsi que d’autres portails régionaux comme al-Manhal ou E-Marefa. Pour les sciences exactes, la bibliothèque s’appuyait sur des réseaux et revues scientifiques spécialisés en physique et en chimie, issus d’institutions internationales majeures telles que la Royal Society of Chemistry (RSC), l’American Physical Society (APS) ou l’American Institute of Physics (AIP), ainsi que sur des éditeurs comme Elsevier (ScienceDirect) et SpringerLink, rendus accessibles grâce aux accords du consortium EIFL(Electronic Information for Libraries).

  • Présentation du réseau PALICO :
    PALICO est l’acronyme de Palestinian Library and Information Consortium. Il s’agit d’un réseau d’interconnexion entre les bibliothèques universitaires et les centres de recherche dans la bande de Gaza et en Cisjordanie. Il est né du projet de moderniser et unifier le système documentaire palestinien par le partage des ressources, la formation des bibliothécaires et la mutualisation des coûts pour les abonnements aux bases de données scientifiques internationales, notamment par le biais de l’organisation internationale EIFL. Le réseau PALICO inclut la quasi-totalité des institutions d’enseignement supérieur palestiniennes, soit 16 établissements : les universités de Birzeit, de Bethléem, d’Hébron, de Gaza, les universités al-Najah, al-Quds, al-Istiqlal, al-Azhar, al-Aqsa, l’université arabo-américaine, l’université polytechnique palestinienne, l’université ouverte al-Quds, l’université islamique de Gaza, l’université technique de Palestine (Khadoori), l’université de Palestine, et le collège de l’Université al-Ahliya de Palestine.
  • Présentation du réseau EIFL :
    L’EIFL (acronyme de Electronic Information For Libraries) est une organisation à but non-lucratif qui a soutenu la création de PALICO en Palestine. Son objectif est de travailler avec des bibliothèques pour leur permettre un meilleur accès à l’information grâce à la mise à disposition d’un espace numérique facilitant l’accès à l’éducation, l’apprentissage et la recherche. L’organisation travaille notamment avec les bibliothèques de territoires qui peinent à accéder aux technologies du fait des coûts d’accès au contenu électronique universitaire, ou par manque d’accès à la technologie, comme c’est souvent le cas dans la bande de Gaza. L’organisation compte des consortiums dans 38 pays en Afrique, Asie et Europe, avec un réseau de plus de 3 000 bibliothèques. L’EIFL travaille également dans 15 autres pays via des partenaires de projet. La bibliothèque centrale de l’université al-Aqsa n’est pas membre direct de l’EIFL. Néanmoins, par sa participation à PALICO, elle est en lien avec le réseau EIFL et bénéficie de ses services et licences négociées.

Équipements de la Bibliothèque centrale de l’Université al-Aqsa [Site 1]

La bibliothèque comprenait a minima les équipements suivants : 24 ordinateurs pour tous usages, 13 ordinateurs réservés aux usagers dans la bibliothèque électronique, 3 scanners, un lecteur de microfilms, un lecteur CD et DVD, 6 imprimantes, 1 écran de télévision.

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Vues des espaces de la Bibliothèque centrale de l’université d’al-Aqsa [Site 1].

 

Publics et activités des bibliothèques universitaires al-Aqsa

Les bibliothèques étaient destinées aux étudiants et au personnel administratif ainsi qu’aux conférenciers des autres universités, et aux Gazaouis détenteurs d’une carte de visiteur.

Elles assuraient des services variés : tout d’abord le prêt de livres selon des normes spécifiques à chaque catégorie d’utilisateurs. La Direction des affaires de la bibliothèque était chargé de la gestion du prêt des livres aux bénéficiaires de la bibliothèque. La Direction donnait accès aux collections publiques de la Bibliothèque centrale de l’Université d’al-Aqsa, ainsi qu’aux bibliothèques annexes de Khān Yūnis et Tall al-Hawā.

Le service de prêt répondait aux questions des usagers concernant les emprunts. Les usagers étaient passibles d’amendes et pénalités en cas de retour tardif de livres ou en cas de perte. Les amendes étaient à hauteur d’un demi-shekel par livre pour chaque jour de retard (soit 15 centimes d’euro).

Les professeurs d’université étaient autorisés à emprunter jusqu’à sept livres pour une durée d’un mois avec une période de renouvellement à la moitié du terme. Les étudiants diplômés pouvaient emprunter jusqu’à cinq livres pour une durée de quinze jours avec la même période de renouvellement. Les employés de l’administration avaient droit à la même durée d’emprunt mais avec quatre livres maximum. Les étudiants universitaires étaient autorisés à emprunter jusqu’à trois livres pour une durée d’une semaine.

Les usagers des bibliothèques pouvaient réserver des documents en rayon ou déjà prêtés. Les réservations étaient valables deux jours après le retour des documents au service des prêts. Si personne ne réclamait les ouvrages dans les trois jours, ils étaient remis en rayon. Les réservations n’étaient pas renouvelables.

Les bibliothèques disposaient d’un service de photocopie, notamment pour les documents qui ne pouvaient être prêtés, tels que les périodiques, mémoires et thèses, et certains ouvrages de référence. La photocopie de notes de cours était autorisée.

Les bibliothèques formaient à l’utilisation des ressources documentaires électroniques et des bases de données spécialisées, organisaient des conférences pour expliquer le fonctionnement des répertoires et des sources, et les bibliothécaires offraient leur aide pour la recherche documentaires.

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Réception de livres offerts par la Fondation Tamer à la bibliothèque de l’université al-Aqsa -1er juin 2023.

Le 1er juin 2023, la fondation Tamer pour l’Éducation Communautaire a fourni à la bibliothèque universitaire d’al-Aqsa 300 ouvrages de beaux-arts, dans le cadre d’une coopération entre l’université et la Fondation. La remise des livres s’est faite avec les personnalités suivantes :

  • Professeur Dr Iyad Abdel Gawad
    (doyen du service communautaire et de la formation continue)
  • Dr Majed Al-Dalu (doyen des affaires de la bibliothèque),
  • Professeur Dr Ahed Halas (doyen de la Faculté des arts)
  • M. Sana Nasman (directeur du doyen des affaires de la bibliothèque)
  • M. Rami Al-Ghoul (directeur du service communautaire)
  • M. Zainab Zaqout (représentant de la Fondation Tamer)

Le département de français de l’Université al-Aqṣa a organisé, en partenariat avec le Consulat de France à Jérusalem et l’Institut français de Gaza, une cérémonie de remise des prix pour un concours de dissertation en critique littéraire en date du 3 juin 2021, réunissant les autorités universitaires, les partenaires diplomatiques et les étudiants lauréats. L’opération illustre l’ouverture culturelle et la coopération internationale de l’établissement

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Personnel

Les bibliothèques de l’université al-Aqsa employaient 30 personnes : 19 personnes travaillaient à la Bibliothèque centrale située à Gaza [Site 1], 9 personnes à l’annexe de Khān Yūnis [Site 2] ; deux autres personnes à la bibliothèque de la faculté de la communauté (site 3).

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Bâtiment administratif de l’université al-Aqsa.

Le personnel administratif comprenait un doyen, un directeur chapeautant l’ensemble des services (prêt, documentation, services techniques, approvisionnement, service informatique, service des périodiques et des travaux universitaires, bibliothèque de Khān Yūnis).

Le directeur des affaires de la bibliothèque est le Dr. Majed Al-Dalu et le directeur des recherches juridiques est Mu’taz Al-Najlaoui.

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Vues de la Bibliothèque centrale de l’université d’al-Aqsa [site 1], le 11 mars 2019
Source : Bibliothèque des étudiants de l’université, antenne de Khān Yūnis,
https://www.facebook.com/AlqsaUniversity/posts/pfbid0fQqmFjAhLGmYdJoiL6XKGvTfWtGmMd5zyQUGnPwXKcDuGoRhrUDQEifFCrfK8KjKl

Témoignage de la directrice de la Bibliothèque de l’Université d’Al-Aqsa, Sana Ishaq Nisman :

La bibliothèque universitaire d’Al-Aqsa est l’une des plus grandes et des plus anciennes bibliothèques universitaires de la bande de Gaza, et au fil des années, elle a été un pilier clé pour soutenir le processus éducatif et la recherche scientifique.

Elle comprenait des milliers de livres arabes et étrangers ainsi que des références dans diverses disciplines, en plus de thèses universitaires et de périodiques scientifiques, ainsi que des ressources électroniques et des bases de données modernes pour servir les étudiants et chercheurs à l’intérieur et à l’extérieur de l’université.

Depuis la création de la Bibliothèque, nous avons continuellement travaillé à la développer et à enrichir ses collections avec les dernières publications, et notre travailcela ne s’est pas limité à fournir des livres papier, il a porté mais sur aussi à l’abonnement à des bases de données électroniques et à le développementl’expansion des services numériques, garantissant ainsi un accès facile aux dernières informations aux chercheurs. Nous avons également conclu des accords de coopération avec d’autres universités et institutions académiques, fondés sur notre conviction en l’importance de la recherche scientifique et de l’échange de connaissances, et les services de la bibliothèque étaient accessibles aux étudiants universitaires, au personnel académique et administratif, ainsi qu’aux chercheurs extérieurs à l’université.

Mais depuis le début de la guerre, la bibliothèque a été la cible d’une série d’attaques qui ont conduit à l’incendie de larges parties de son contenu, et ceux qui ont survécu à l’incendie n’ont pas été épargnés par le vol, car des livres, des références, des revues scientifiques, des thèses universitaires et des ordinateurs ont été perdus. Finalement, les bâtiments universitaires furent complètement démolis et les éléments de la bibliothèque disparurent complètement, comme si de nombreuses années de travail et de don avaient été effacées en quelques instants.

La bibliothèque n’était pas seulement un lieu de travail, c’était ma seconde maison. J’y ai commencé à travailler depuis ses débuts, j’ai été témoin de sa construction et de son développement, et mes collègues et moi avons contribué au développement de ses collections année après année. Je connaissais chaque recoin, et je voyais dans chaque livre le fruit d’un long effort et d’un message au service de la science. Ainsi, la scène où elle se transforme en décombres et cendres a été l’une des scènes les plus difficiles que j’aie jamais vécues, et elle a laissé une profonde blessure en moi qui me fait encore mal.

Malgré cette grande perte, je crois que la mission de la bibliothèque ne s’arrête pas à la disparition du bâtiment, car les bibliothèques sont la mémoire des gens et l’incubateur de savoir. J’espère vivement que la bibliothèque de l’Université d’Al-Aqsa sera reconstruite et qu’elle reprendra sa mission au service des étudiants et des chercheurs, afin qu’elle redevienne un phare de la science, comme elle l’a toujours été. »

— Directrice de la Bibliothèque de l’Université d’Al-Aqsa, Sana Ishaq Nisman

Description de l’état actuel incluant le site, les collections/fonds et les équipements

Site 1 : Bibliothèque centrale de l’Université al-Aqsa (Gaza-ville)

Date(s) de destruction ou dommages

Un premier bombardement a eu lieu en novembre 2023 puis un second le 6 février 2024 accompagné d’une intervention terrestre.

Circonstances de la destruction ou des dommages

Après le 7 octobre, l’aviation israélienne a visé les universités. Les forces d’occupation ont été déployées deux fois dans le secteur des universités à l’ouest de Gaza : la première fois en novembre 2023 et, la deuxième fois, en février 2024.

L’université al-Aqsa, selon un article de recherche de Raid Nairat, tIssam Iyrot et Hind Hamouch, fait partie, avec l’Université al-Azhar et l’Université islamique, des trois universités ayant subi le plus de destructions. Elles étaient les plus importantes de la bande de Gaza, en nombre d’étudiants et d’enseignants.

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Destruction de l’université al-Aqsa, site1, ville de Gaza le 10 février 2024.

Enquête sur la photographie prise d’un soldat israélien devant une bibliothèque en flammes à Gaza.

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Un soldat israélien ouvre un livre devant une étagère en feu / جندي إسرائيلي يفتح كتابًا أمام رف محترق. Photographie diffusée le 23 mai 2024. Auteur inconnu, mais possiblement le soldat représenté sur l’image.
Source : « The decimation of Gaza’s academia is impossible to quantify », Omar Elqataa, 972mag, 2024,
https://www.972mag.com/gaza-academia-destruction-universities/

Le 23 mai 2024 une photographie d’un soldat feuilletant un livre dans une bibliothèque déjà en proie aux flammes a été diffusée la photographie d’un soldat feuilletant un livre dans une bibliothèque déjà en proie aux flammes. L’incendie a eu lieu suite à une attaque terrestre sur la ville de Gaza. Cette image a été partagée peu après par le Premier ministre palestinien, Mohammad Mustafa avec ce commentaire : “Israël a visé toutes les universités de la bande de Gaza, et certaines ont été complètement détruites” (PM of Palestine 2024). Une vidéo montre par ailleurs les travaux de déblaiement des bâtiments et d’enlèvement des débris qui recouvraient les salles de classe, les laboratoires et les installations (Université Al-Aqsa 2025).

Le journaliste a, dans un premier temps, été affirmé que cette photographie avait été prise dans la bibliothèque de l’université al-Aqsa de Gaza (Fragne & Héricher 2024). Cependant, une observation minutieuse de la photographie et la comparaison avec d’autres d’avant les destructions, ont infirmé cette hypothèse, montrant qu’il s’agissait, de fait, de la Bibliothèque centrale de l’Université islamique de Gaza (IUG).

 
Site 2 : Bibliothèque annexe du campus d’al-Mawāṣī (Khān Yūnis)

Le 4 février 2024, les environs de l’université à Khān Yūnis ont été visés, alors même que de nombreux réfugiés se dirigeaient vers ce secteur. Le 5 février, les forces d’occupation ont ouvert le feu sur les réfugiés qui se trouvaient à l’intérieur de l’université, pendant que d’autres troupes attaquaient le mur d’enceinte de l’université à l’ouest de Gaza [Site 1]. Des témoins affirment que les chars de l’armée israélienne ont détruit les murs d’enceinte, et lancé des tirs de roquettes et de grenades fumigènes en direction des réfugiés dans l’enceinte de l’université. Enfin, le 6 février 2024, l’armée d’occupation a bombardé deux bâtiments de l’université al-Aqsa.

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Destruction de l’université al-Aqsa [Site 1], ville de Gaza le 10 février 2024.
Une Palestinienne assise devant l’entrée de l’université al-Aqsa à Khān Yūnis en janvier 2024.
Source : « The decimation of Gaza’s academia is ‘impossible to quantify », Atia Mohammed/Flash90 2024, 972mag,
https://www.972mag.com/gaza-academia-destruction-universities/

 
Site 3 : Bibliothèque du Collège communautaire al-Aqsa (Khān Yūnis)

Concernant le site 3, aucune information formelle ni rapport d’évaluation ne nous est parvenu à ce jour, rendant impossible l’établissement d’un bilan provisoire ou la vérification de son état structurel sur le terrain. Par ailleurs, un quatrième site de l’établissement à Khān Yūnis, qui ne comportait pas d’infrastructure bibliothécaire, a subi une destruction totale ; toutefois, bien que la perte irréversible du bâtiment soit avérée, la date exacte de cet événement n’a pas pu être établie avec précision (Thanaa Ishaq Nesman, Directrice des bibliothèques de l’université Al-Aqsa, communication personnelle, 8 juin 2026).

Description des bâtiments ou des dommages

Site 1 : Bibliothèque centrale de l’Université al-Aqsa (Gaza-ville)

Le bâtiment universitaire a subi une destruction complète. L’ensemble de la structure a été détruit et le site ne conserve plus d’éléments permettant une utilisation universitaire. Les dommages concernent aussi bien les éléments porteurs du bâtiment (structures, murs, planchers et installations techniques) que les aménagements intérieurs.

La destruction a entraîné la perte totale des espaces pédagogiques et administratifs, comprenant notamment les salles de cours, les bureaux, les amphithéâtres, les laboratoires et les espaces destinés aux étudiants. Les équipements présents dans le bâtiment ont également été perdus : mobilier universitaire, matériel informatique, équipements techniques et scientifiques, documents administratifs, archives et collections documentaires. Désormais, le bâtiment est considéré comme totalement inutilisable. Il nécessiterait une reconstruction complète plutôt qu’une simple réhabilitation. L’ensemble de la bibliothèque a été détruite.

Site 2 : Bibliothèque annexe du campus d’al-Mawāṣī (Khān Yūnis)

Le site d’al-Mawāṣī a subi des dommages partiels. Les structures principales des bâtiments n’ont pas été entièrement détruites, mais plusieurs parties ont été endommagées, affectant leur capacité à accueillir les activités universitaires.

Les dommages concernent principalement les espaces d’enseignement, les bureaux administratifs, les salles spécialisées et les infrastructures techniques. Les équipements présents dans les bâtiments ont été largement perdus ou rendus inutilisables. La bibliothèque a subi la disparition d’une partie importante de ses ouvrages, tandis que les documents administratifs, archives universitaires, supports pédagogiques, équipements informatiques et matériels spécialisés ont également été détruits ou endommagés.

Bien que les bâtiments demeurent partiellement existants, l’ampleur des dommages matériels empêche leur fonctionnement normal sans travaux importants de réparation, de remplacement des équipements et de remise en état des infrastructures internes.

Situation du personnel des bibliothèques al-Aqsa

Deux employés sont décédés : Nahda Yaghi et Salah Charaf.
La majorité des autres membres du personnel ont perdu leur domicile et vivent sous des tentes.
Ahmed al-Qarra était photographe, photojournaliste et maître de conférences en multimédia à l’université Al-Aqsa. Il est mort le 10 novembre 2023, Khuza’a.

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Portrait d’Ahmed al-Qarra, photographe, photojournaliste et maître de conférences en multimédia à l’université Al-Aqsa.
Œuvre : Hannah de Carpentier, juillet 2026.
Hannah de Carpentier est dessinatrice. Après un DNA design d’expression mention image et narration, elle a poursuivi son parcours en master Image Imprimée aux Arts Décoratifs de Paris (Instagram @HannaH).
N° de fiche Gaza Histoire : 95
N° de fiche Reading in Gaza : 1
Lien avec autre(s) fiche(s) 005- Bibliothèque Nehru de l’université al-Azhar
006- Bibliothèque centrale de l’Université Islamique de Gaza
007- Bibliothèque de l’université al-Quds
008- Bibliothèque de l’Université al-Isra
009- Bibliothèque de l’University of Palestine
010- Bibliothèque de l’Université des sciences appliquées
011- Université de Gaza
069- Collège Technique de Palestine
070- Collège Universitaire des Sciences et de la Technique
Auteurice(s) : Dominique Dupart, Mariam, Paul Elani, Cécile Perrin, Kevin Pelladeaud, Fanny G, Nadia Hebaz, Sarra Zaïed, Athéna, Joséphine Hertault-Doche, Philippe Rekacewicz, Shenade & Collectif Reading in Gaza
Date de création de la fiche : 07/02/2026
Date(s) de mise-à-jour : 03/09/2026 et 06/10/2026

Sources iconographiques et audiovisuelles

  • Collège communautaire al-Aqsa 2022
    Collège communautaire al-Aqsa. (2022, 21 décembre). Bibliothèque universitaire de Khān Yūnis, Facebook.
  • Université Al-Aqsa 2023
    Université al-Aqsa. (2023, juin 1). [L’Institut Tamer pour l’éducation communautaire fournit à la bibliothèque de l’Université Al-Aqsa une collection de livres | مؤسسة تامر للتعليم المجتمعي تزود مكتبة جامعة الأقصى بمجموعة من الكتب. Université al-Aqsa.
  • Université al-Aqsa 2026b
    Université al-Aqsa. (2026). Université al-Aqsa - Gaza.

Sources écrites

  • EIFL 2026b
    EIFL. (2026). About
  • Université al-Aqsa 2016
    Université al-Aqsa. (2016, avril 1). Services de bibliothèque | جامعة الأقصى-عمادة شؤون المكتبات-خدمات المكتبة. Université al-Aqsa.
  • Université al-Aqsa 2026
    Université al-Aqsa. (2026). Université al-Aqsa - Direction des bibliothèques | جامعة الأقصى-عمادة شؤون المكتبات.

Témoignages

  • Sana Ishaq Nisman, Directrice de la Bibliothèque de l’Université d’Al-Aqsa, communication personnelle, (darte à venir).
  • Thanaa Ishaq Nesman, Directrice des bibliothèques de l’université al-Aqsa, communication personnelle, 9 février 2026.
  • Thanaa Ishaq Nesman, Directrice des bibliothèques de l’université Al-Aqsa, 8 juin 2026.
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Université al-Aqsa
Œuvre : Abdullah, 2026. Lien vers son portfolio : https://abduldes.online/ Instagram : @itsabduldes
Cette illustration numérique a été réalisée à l’aide d’Adobe Photoshop, à partir de supports visuels et d’archives de l’université Al-Aqsa de Gaza. L’œuvre associe croquis numériques, dessins d’architecture et textures inspirées de l’aquarelle afin de reconstituer et de documenter l’identité visuelle de l’université.

Mon intention est de préserver la mémoire de l’université Al-Aqsa en tant que lieu d’éducation, de culture et d’espoir. Avec cette œuvre, je souhaite rendre hommage à un établissement d’enseignement supérieur emblématique de Gaza et contribuer à perpétuer son histoire pour les générations futures.

Sur le plan technique, j’ai réalisé ces œuvres à partir de photographies, en engageant un travail détaillé sur les lignes, les couleurs chaudes et les effets de texture ; j’ai enfin eu recours à l’intelligence artificielle pour le développement visuel, mais en conservant ma propre sensibilité artistique et mon lien personnel avec ce lieu. »

Abdallah Salem est un artiste visuel et un designer multimédia, mais aussi UX/UI designer qui réside à Gaza. Abdallah Salem cherche à raconter des histoires qui perpétuent un lien d’humanité, et à construire un espoir, une identité, un dépassement de la terrible situation en cours. En dépit des conditions de vie très difficiles à Gaza, il continue de créer et souhaite plus que tout poursuivre ses études interrompues, reconstruire et utiliser le design graphique pour donner sa voix à tout un peuple.

Si vous souhaitez contribuer à la reprise d’étude d’Abdallah Salem :
https://chuffed.org/project/help-abdallah-and-noor-study-and-rebuild

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