La Press House-Palestine (Bayt al-ṣaḥāfa - Filasṭīn بيت الصحافة - فلسطين) est une organisation non-gouvernementale à but non lucratif (ONG) fondée en 2013 au sein du quartier al-Rimal. Elle a été ciblée et détruite sans doute intentionnellement entre le 1er et le 10 février 2024. Le journaliste palestinien Bilal Jadallah, tué le 19 novembre 2023 par un éclat d’obus, avait fondé la Press House-Palestine avec Rami Abou Jamous et Omar Shaaban. Elle offrait des espaces de travail gratuits, des salles de réunion, et des infrastructures d’édition accessibles pour tous les journalistes indépendants. L’ ambition de la Press House-Palestine était en outre de contribuer à améliorer la qualité de vie des journalistes en Palestine, promouvoir la liberté d’expression et rejeter les discours de haine. Elle cherchait enfin à renforcer la prise de conscience de la communauté internationale sur le sort des communautés palestiniennes. Aujourd’hui, le bâtiment est entièrement détruit et, sur les 80 journalistes qui la fréquentaient régulièrement, 11 ont été tués.
État des lieux avant le 7 octobre 2023 : état des collections, des fonds et des équipements
Historique
La Press House-Palestine (Beit al-Sahafa) est fondée en 2013 par les journalistes palestiniens Rami Abou Jamous, Bilal Jadallah et Omar Shaaban. Elle établit ses quartiers dans la ville de Gaza, au sein du quartier al-Rimal. C’est une organisation non-gouvernementale à but non lucratif [1].
D’après le site internet, les objectifs de la Press House-Palestine (Beit al-Sahafa) sont multiples. Elle cherche à contribuer à améliorer la qualité de vie des journalistes en Palestine, promouvoir la liberté d’expression et rejeter les discours de haine en Palestine. Elle cherche enfin à accroître la sensibilité de la communauté internationale, régionale et locale envers la communauté palestinienne≈
La Press House-Palestine (Beit al-Sahafa) cherche aussi à être une plateforme pour les médias indépendants et le journalisme dans la communauté palestinienne [2] Elle porte plusieurs programmes de formation pour améliorer les compétences journalistiques (en particulier que les questions de recherche et de documentation), promouvoir le travail de réseau, mieux connaître les règles sur la protection légale des journalistes (avec des groupes d’avocats) [3].
On peut lire aujourd’hui sur le site internet (toujours en état de marche) un résumé de l’ensemble de ces objectifs : « [La] Press House-Palestine vise à être un incubateur pour les médias palestiniens indépendants, à promouvoir la liberté d’opinion et d’expression en améliorant les compétences professionnelles des journalistes palestinien·es, en développant leurs compétences, en les maintenant au fait des évolutions des médias internationaux, et en y valorisant les exigences de l’éthique professionnelle. Outre la constitution d’un réseau de professionnels des médias, d’intellectuels, d’écrivains, ainsi que de défenseurs de la liberté de la presse et des droits humain, elle offre également un espace de dialogue consacré au soutien des médias et aux enjeux communautaires [4] ».
Selon Ibrahim Barzak, ancien correspondant de l’Associated Press à Gaza et interviewé par Léa Peruchon, l’objectif de la Press House-Palestine était aussi de servir de refuge aux journalistes indépendants palestiniens à Gaza, c’est-à-dire celles et ceux non affiliés au Hamas ni au Fatah. En effet, à la suite de la victoire du Hamas en 2007, les journalistes étaient uniquement perçus en fonction de leur allégeance politique, soit envers le Fatah, parti politique dominant, ou envers le Hamas. Il était donc difficile d’obtenir des accréditations ou d’assister à des évènements pour celles et ceux qui n’appartenaient pas à l’une ou l’autre des factions (Forbiden stories - Peruchon, 2024).
L’institution jouit d’une reconnaissance internationale, matérialisée par des donateurs et partenaires réguliers tels que le Canada, l’Unesco, l’Union européenne, la Norvège et la Suisse (Massoud, 2024).
Logo de la Press House-Palestine
Site internet de la Press House-Palestine
Création
La création de la Press House-Palestine (Beit al-Sahafa) est le fruit d’un long processus, nourri par une réflexion approfondie sur les réalités politiques et journalistiques en Palestine. Bilal Jadallah, Rami Abou Jamous et Omar Shaaban ont pu collecter quelques milliers de dollars et se sont attachés à convaincre les différentes factions politiques de la nécessité d’apporter leur soutien à un collectif de journalistes indépendants et apartisants. Ils ont fait des démarches auprès de journalistes, de militants pour les droits humains, de businessmen et de diplomates pour les convaincre de leur projet (Pegg et al. 2024). En somme, la Press House-Palestine, c’est des journalistes engagés, déterminés a créer un organe indépendant d’information dans la bande de Gaza.
Bâtiment
D’après les photos visibles sur le compte Facebook de la Press House-Palestine (Beit al-Sahafa), le bâtiment qui hébergeait l’organisation était petit, mais moderne. Beaucoup d’autres d’organismes de presse occupent plutôt des locaux dans des grandes tours). Il comportait plusieurs salles de travail pour les journalistes, dans lesquelles on retrouve des équipements nécessaires : bureaux, ordinateurs, outils de présentation visuelle. Il y avait également des salles de réunion et de conférence plus ou moins grandes.
Un espace extérieur semblait être utilisé pour des réunions, des formations et des expositions photo. On pouvait y trouver un patio avec des tables, des chaises et des ordinateurs. Une publication datant du 17 septembre 2023 montre la tenue d’une formation sur les gestes de premier secours [5]. L’ambiance est conviviale : des dizaines de personnes se retrouvent autour de grandes tables pour travailler et discuter. Sur les photos, on voit parfois des enfants, ce qui laisse penser que la Press House-Palestine était un espace chaleureux et familial.
Salle de conférence et espace extérieur de la Press House-Palestine avant sa destruction.
Press House-Palestine, 2023
Équipements
La Press House-Palestine (Beit al-Sahafa) était équipée d’ordinateurs, d’écrans de télévision et de vidéoprojecteurs [6].
Les pays qui soutiennent le projet ont également participé à l’achat de matériel audiovisuel (Massoud, 2024). Une photo présentée sur le compte Facebook montre un studio avec du matériel d’enregistrement. Sur une autre photo datée du 13 août 2023, on peut voir une armoire avec des vitres en verre dans laquelle se trouvaient plusieurs modèles de radios.
Enfin, l’organisation proposait également du matériel de sécurité aux journalistes (casques et des gilets pare-balles) (CPJ, 2025).
Collections et fonds documentaires
Sur les images existantes des bureaux, on aperçoit au fond de la salle deux étagères en angle de trois étages contre le mur sur lesquelles se trouvent des livres, mais il est impossible de distinguer les thèmes de ces ouvrages (Massoud, 2024).
La Press House-Palestine (Beit al-Sahafa) organisait également régulièrement des expositions photo, lesquelles étaient sans doute conservées dans le bâtiment. Par exemple, le 10 septembre 2023 , il y a eu une exposition intitulée « Gaza vue du ciel ». On trouve la trace de cet événement sur la page Facebook [7]
Public et activités
La Press House-Palestine (Beit al-Sahafa) organisait des formations de photographie, de rédaction journalistique, de productions pour la télévision ainsi qu’une formation au journalisme mobile, destinée aux jeunes reporters (CPJ, 2025). On pouvait y trouver des espaces de travail gratuits et accessibles, des salles de réunion, et des infrastructures d’édition accessibles pour tous les journalistes indépendants.
Cette Maison était souvent la première étape pour les correspondants étrangers arrivant à Gaza, ce qui leur permettait d’accéder à des traducteurs locaux et d’accueillir les nombreux diplomates occidentaux [8]. Elle offrait aussi un soutien moral et juridique et organisait des événements médiatiques pour mettre en lumière les nombreux cas de violation du droit des journalistes dans le cadre du siège de Gaza [9].
Capture d’écran d’un billet sur le compte Instagram de la Press House-Palestine.
Enfin, elle organisait des événements, tels que la Cérémonie annuelle du « Prix pour la liberté des médias [10]. Il s’agit d’un prix attribué par l’Unesco qui récompense les journalistes travaillant dans des conditions dangereuses, pour honorer leur courage et leur engagement pour la liberté d’expression [11]. C’est en leur nom que le président du Syndicat des journalistes palestiniens, Nasser Abou Bakr, a accepté ce prix, à Santiago, à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse qui est célébrée chaque année le 3 mai [12].
Séance de formation à l’intention des journalistes pigistes.
Press House-Palestine
Personnel avant les destructions
Bilal Jadallah, journaliste palestinien originaire de Gaza, il a été le directeeur de la Press House-Palestine (Beit al-Sahafa) et a participé à la création de l’Agence de presse Sawa [13]. Il a également occupé un poste au sein de l’Autorité palestinienne, qu’il a perdu en 2007 lors de la prise de contrôle de la bande de Gaza par le Hamas. C’est à cette période qu’il devient journaliste (Pegg et al. 2024). Bilal Jadallah a perdu la vie le 19 novembre 2023 [14].
Ahmad Fatima, photographe et assistant de Bilal Jadallah. Il était employé administratif à la Press House.
Mohammed al-Jaja, directeur financier de la Press House.
Rami Abou Jamous est le directeur par intérim et cofondateur de la Press House-Palestine avec Bilal Jadallah. Né à Beyrouth, il retourne s’installer à Gaza avec son père au moment des accords d’Oslo. Il anime un blog sur le site d’actualité Orient XXI, « Le Journal de bord de Gaza » pour tenir le monde informé des événements qui frappent l’enclave (Abou Jamous, 2024).
Hatem Rawagh, responsable des opérations d’urgence, photographe.
Ahmed Qannan, formateur.
Fonctionnement de l’organisation après le 7 octobre
Depuis le 7 octobre 2023, la bande de Gaza est en état de guerre totale et sous blocus complet. La presse internationale n’est plus autorisée travailler et enquêter sur le terrain. Les journalistes étrangers ont dû quitter l’enclave, laissant aux seuls journalistes palestiniens la possibilité de documenter la guerre, de rendre compte des attaques et des destructions de l’armée israélienne [15].
À partir du 7 octobre 2023, les équipes de la Press House (Beit al-Sahafa) ont suspendu les activités et les programmes de formation [16]. Elles se sont relayées en tours de garde pour prévenir toute interruption d’électricité et maintenir la connexion internet. La Press House a servi pendant un temps de « refuge » où l’électricité et internet étaient toujours disponibles.
Vues de la salle de réunion.
Compte Facebook de la Press House-Palestine.
Le 9 octobre, des dizaines de journalistes ont été accueillis à la Press House (Beit al-Sahafa). 82 gilets pare-balles marqués « Press » ont été distribués (Zerrouky et al., 2024).
Mais à partir du 11 octobre, la Press House (Beit al-Sahafa) a commencé à se vider progressivement des journalistes qui y travaillaient, après qu’un bombardement israélien ait coupé la connexion internet (Pegg et al. 2024).
Le 13 octobre 2023, les journalistes, comme leurs collègues de l’AFP et les habitants de la ville, quittent les locaux sur ordre de l’armée israélienne et doivent se rendre vers le sud de la bande de Gaza (Zerrouky et al. & Al Jazeera, 2024).
Description de l’état actuel incluant le site, les collections/fonds et les équipements
Première destruction : 9 octobre 2023 Le 9 octobre 2023, un bombardement anéantit l’immeuble voisin de la Press House. Cet immeuble abritait l’un des principaux fournisseurs d’accès à internet de l’enclave, Paltel, une entreprise palestinienne. La Press House est également touchée et la connexion internet définitivement coupée (Forbiden stories - Peruchon, 2024).
Deuxième destruction : entre le 1er et le 10 février 2024 Le 29 janvier 2024, Mohammed Salem indique que les troupes de l’armée israélienne sont positionnées à une centaine de mètres avec leur chars, canons pointés vers la Press House(Forbiden stories - Peruchon, 2024). Mohammed Salem témoigne :
Il était 5 heures du matin, il y avait un char dont le canon était pointé directement sur la Press House, en plein sur nous […] Pendant trois jours, j’étais pris au piège, persuadé que j’allais mourir (Forbiden stories - Peruchon, 2024). »
Profitant d’un moment de répit, Mohammed Salem arrive à quitter les lieux in extremis le 1er février avec sa famille (Forbiden stories - Peruchon, 2024). Le 10 février 2024, le directeur financier, Mohammed Salem, découvre le bâtiment totalement détruit.
Description des destructions et des dommages
Bâtiment
Le bâtiment est complètement détruit. Il ne reste plus rien, tous les équipements réduits à néant. Pourtant, aucun des bâtiments aux alentours n’a été endommagé, ce qui laisse penser que la destruction de la Press House (Beit al-Sahafa) était intentionnelle. Selon Mohammed Salem, « le bâtiment aurait été détruit à l’explosif, car s’il s’agissait d’une frappe aérienne, elle aurait détruit tout ce qui l’entoure (Forbiden stories - Peruchon, 2024).
Collections/fonds documentaires
Nous supposons que les ouvrages visibles sur les quelques images dans les salles de réunion ont été détruits.
Équipements
Tous les ordinateurs, les tables et les équipements radio ont été détruits.
Les ruines de la Press House-Palestine le 10 février 2024.
Source pour les trois photos ci-dessus : Mohammed Salem, ARIJ sur Instagram.
Personnel tué
Bilal Jadallah, le président de la Press House Palestine (Beit al-Sahafa) a perdu la vie, touché par un éclat d’obus (tiré par un char) qui a explosé à proximité de la voiture dans laquelle il se trouvait avec son frère le 19 novembre 2023 [17]. Il est décédé une heure après.
Ahmad Fatima, passe-partout de la Press House (Beit al-Sahafa), a été directement touché par un missile de drone alors qu’il se trouvait à proximité de l’hôpital al-Shifa à Gaza [18].
Mohamed Ajaja, le responsable des projets administratifs et des demandes de financement, a été tué ainsi que sa femme et tous ses enfants lors du bombardement de leur maison (Abou Jamous, 2024).
Au début de la guerre, le 9 octobre 2023, 80 journalistes étaient présents à la Press House-Palestine et y ont reçu un gilet pare-balles. 11 d’entre eux sont morts depuis (Forbiden stories - Peruchon, 2024).
Témoignages
Sur la mort de Bilal Jadallah, le 19 novembre 2023, dans une voiture atteinte par un éclat d’obus.
La mort de Bilal Jadallah est une perte énorme, une perte personnelle pour le bureau de représentation norvégien. Mais c’est aussi une perte inestimable pour la Palestine.
La Press House-Palestine était une étape obligée sur l’itinéraire des diplomates en visite dans les territoires occupés.(Zerrouky et al., 2024) »
— Ruben Johansen, premier secrétaire politique du bureau de représentation norvégien en Cisjordanie.
Je condamne le meurtre de Bilal Jadallah. La protection des journalistes en tant que civils est une exigence du droit international, notamment de la résolution 2222/2015 du Conseil de sécurité des Nations unies sur la protection des journalistes, des professionnels des médias et du personnel associé dans les situations de conflit. Je demande l’ouverture d’une enquête complète et transparente pour déterminer les circonstances de cette tragédie [19]. »
— Audrey Azoulay, Directrice générale de l’Unesco
Témoignage d’Abdallah Sharsharah, qui faisait partie de la Press House Palestine :
J’ai travaillé à la Press House (Beit Al-Sahafa) entre 2021 et le début du génocide à Gaza, où j’ai contribué de manière essentielle à la structuration et à la mise en place de la première unité de protection juridique des journalistes. Cette unité avait pour mission de protéger les journalistes sur le plan légal à travers la sensibilisation, le renforcement des capacités et la représentation juridique.
À cette époque, la Press House (Beit Al-Sahafa) était la seule organisation dans la bande de Gaza à offrir ce type de services, ce qui conférait à cette expérience une importance particulière. C’est dans ce cadre que j’ai fait la connaissance de Bilal Jadallah, qui avait fait de la défense de la liberté de la presse sa mission première. La perte de Beit Al-Sahafa constitue une perte majeure pour le paysage médiatique dans la bande de Gaza.
Lorsque j’ai appris la mort de Bilal, j’étais assiégé à la Press House (Deir al-Balah), où je m’étais déplacé. Notre dernier échange remontait à seulement deux jours avant sa mort, lorsqu’il avait insisté pour que je prépare un rapport documentant les violations des libertés médiatiques visant les journalistes au début du génocide. Par la suite, il est lui-même devenu l’une des victimes de ces violations, après sa mort et la destruction du siège de la Press House (Beit Al-Sahafa). » [20].
Préservation, sauvegarde, restauration
Le 24 juillet 2024, Rami Abou Jamous annonce sur le site du média Orient XXI qu’il a relancé la Press House-Palestine. A la demande du conseil d’administration, c’est lui qui a pris la tête de l’organisation, au moins jusqu’à la fin de la guerre (Abou Jamous, 2024).
Capture d’écran du site Orient XXI sur la page du journal de bord de Rami Abou Jamous
Un article de Radio Canada du 21 août 2024 rapporte que le directeur par intérim Hikmat Youssef a contacté le Bureau de représentation du Canada auprès de l’Autorité palestinienne à Ramallah, pour ouvrir un nouveau bureau à Deir Al-Balah (centre de la bande de Gaza), secteur défini par l’armée israélienne comme une « zone humanitaire » (Massoud, 2024).
« Quand le Canada nous a donné son OK, nous avons rapidement aménagé le nouveau local pour accueillir les journalistes », raconte M. Youssef dans un appel vidéo depuis Nuseirat, à cinq kilomètres de Deir Al-Balah. Il dit en outre que depuis le début du mois d’août, ils sont 70 journalistes à profiter des services offerts dans cet espace (Massoud, 2024).
Le gouvernement canadien, par l’intermédiaire de la délégation canadienne en Cisjordanie, a offert en tout 20 500 dollars à la Press House-Palestine (Beit al-Sahafa). Cette somme a permis de couvrir le loyer du nouveau local à Deir Al-Balah pour une durée de six mois, ainsi que l’achat d’une trentaine de panneaux solaires qui permettent à une trentaine de journalistes de brancher leur ordinateur simultanément (Massoud, 2024).
L’ONG Française Supernova offre également un soutien depuis août 2024 en aidant à la création de stages dans les camps de déplacés, en particulier pour les jeunes [21].
Le nouveau local de la Press House, ouvert en août 2024
Photo : Hikmat Youssef.
Salle de réunion de la Press House-Palestine
Oeuvre : Franck Bourgeron, encre de chine et crayons de couleur sur papier.
Franck Bourgeron est dessinateur, et fondateur de La Revue Dessinée. Il a récemment participé au livre 100 dessins pour Gaza aux éditions Massot.
Informations techniques
Numéro de fiche :
111
Lien avec d’autres fiches :
Fiche 106 —Agence France Presse-Bureau de Gaza Fiche 108 — Palestinian Media Group Fiche 113 — Bureaux d’Al Jazeera à Gaza