La Bibliothèque du Koweït pour les sciences et techniques (مكتبة الكلية الجامعية للعلوم والتكنولوجيا) qui est la bibliothèque du Collège universitaire des Sciences et techniques ( UCTS) a été créée à Khan Younis en 1990 selon la direction de la librairie, en 1983 selon l’Institute for Palestine Studies. Le bâtiment qui l’abritait a été inauguré en 2018 ; il a été détruit en deux temps lors de la destruction du Collège lui-même. Le 7 janvier 2024, aux alentours de 23h30, des bombardements endommagent le Collège Universitaire des Sciences et Techniques et sa bibliothèque, et le 4 septembre 2025, l’armée israélienne fait sauter l’ensemble du campus. Cette destruction a été filmée, vraisemblablement par un drone militaire israélien. 6 000 étudiants fréquentaient cette université. Le fonds de sa bibliothèque contenait plus de 9 000 ouvrages. Aujourd’hui, tout est détruit, mais un programme de restauration de l’université est en train d’être lancé.
N° de fiche Gaza Histoire :
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N° de fiche Reading in Gaza :
70
Lien avec autre(s) fiche(s)
5 Bibliothèque Nehru de l’Université al-Azhar
6 Bibliothèque centrale de l’Université islamique de Gaza (AUG)
7 Bibliothèques de l’Université ouverte al-Quds
8 Bibliothèque de l’Université al-Isrāʾ
9 Bibliothèque centrale de l’Université de Palestine (UP)
10 Bibliothèque de l’Université des Sciences Appliquées (UCAS)
11 Bibliothèque principale de l’Université de Gaza
Fondé, à Khan Younis — en 1983 selon l’Institute for Palestine Studies, 1990 selon la direction de la bibliothèque [1] — la faculté était à ses débuts un modeste établissement privé dédié à l’enseignement technique, nommé « Faculté des sciences et des techniques - Khan Younis » [2]. Mais, au fil des années, elle se développe pour devenir une université d’envergure dans l’enseignement des sciences et techniques. En 1998, le ministère de l’enseignement supérieur lui donne le statut d’établissement professionnel de sciences appliquées, avant de l’instituer, en 2007, collège universitaire à même de délivrer des diplômes universitaires de bachelor dans 9 disciplines. Le collège universitaire comptait environ 600 enseignants diplômés du master au doctorat et un personnel administratif de 243 personnes, dédiées au fonctionnement de l’établissement et au soutien des étudiants et de leurs familles.
En 2009, l’université engage de nouvelles initiatives en direction des étudiants et des citoyens pour accroître son rayonnement : la création du Centre des services communautaires, qui abrite un centre de formation continue, un autre spécialisé dans les troubles de la parole, la structure al-Medad et un service d’animation. La même année, l’établissement s’étend et ouvre un nouveau campus à Khan Younis afin d’accueillir les étudiants du sud de la bande de Gaza. Le Collège figurait parmi les plus grands établissements d’enseignement technique de Palestine ; il accueillait environ 6 000 étudiants dans plus de 60 disciplines et délivrait des licences ainsi que des diplômes intermédiaires et professionnels. Plus de 24 000 étudiants ont ainsi été formés et diplômés [3].
Bâtiment :
Cette bibliothèque portait le nom de « Bibliothèque du Koweït pour les sciences et techniques », en hommage à l’État du Koweït qui avait financé sa construction. Le bâtiment qui l’abritait était un édifice inauguré début 2018 au sein du campus d’une superficie de 5 ha, le plus grand de toutes les écoles supérieures de Gaza. [4]. Il était équipé dans le respect des normes de sécurité et de sûreté, avec des extincteurs modernes, des bornes d’incendie à proximité des entrées, ainsi que des fenêtres en verre faciles à ouvrir et situées près du sol. Il comprenait également plusieurs issues de secours, dont une entrée principale et des entrées arrière séparées pour la salle des étudiantes et celle des étudiants, ainsi que des caméras de surveillance couvrant les salles de lecture afin de protéger les collections et d’assurer la sécurité des usagers.
À l’intérieur, la bibliothèque réservait des salles de lecture séparées pour les étudiants et les étudiantes. Elles étaient équipées d’un mobilier adapté et d’étagères destinées aux livres. [5]
Collections / fonds documentaires :
Au début de l’année 2018, les collections comptaient environ 9 000 documents parmi lesquels des livres, des ouvrages de référence scientifiques et culturels variés, des thèses universitaires, des revues et des supports audiovisuels. La direction était soucieuse d’accroître le fonds par l’acquisition des toutes dernières publications scientifiques. Pour cela, elle s’informait des offres des maisons d’édition et participait à des salons du livre locaux et internationaux. L’organisation des collections et leur catalogage suivaient le système de classification décimale Dewey [6] (20e édition).
Infrastructure numérique :
La faculté disposait d’une infrastructure numérique de pointe. Une section « bibliothèque numérique » (électronique) sur le site web de la faculté, permettait — et permet peut-être toujours — aux usagers de consulter et de télécharger des ouvrages à distance. Une base de données exhaustive des fonds de la bibliothèque avait également été développée, grâce au logiciel de catalogage et de prêt « Al-Rashid » permettant une recherche électronique rapide. Des exemples d’examens semestriels et finaux pour tous les cours étaient disponibles sur la page de la bibliothèque du site web de la faculté. L’équipe de la bibliothèque comptait un employé spécialisé en « données et programmation informatique » chargé de la maintenance et du développement du service numérique. [7]
Public et activités :
La bibliothèque s’adressait à deux publics principaux : les étudiants à la recherche de manuels et d’ouvrages de référence, et les universitaires, qu’il s’agisse de membres du corps enseignant ou de chercheurs. Une des ambitions de la bibliothèque était d’encourager la lecture et d’accroître la culture et les connaissances de ses usagers. La direction aspirait également à coopérer avec diverses institutions, d’autres bibliothèques et des maisons d’édition, ainsi qu’à établir des liens avec la communauté locale et internationale pour fournir des sources et des supports d’information et soutenir le développement professionnel, culturel et intellectuel. [8]
Activités et services :
La Bibliothèque proposait toute une gamme de services, dont le prêt externe qui permettait d’emprunter des livres selon les conditions définies. Ce service était géré par deux employées formées à l’utilisation des bases de données informatisées. La consultation sur place en salle de lecture donnait accès aux ouvrages et documents, dont les périodiques auxquels un département était dédié. Il était effectué un enregistrement et décompte quotidien des visiteurs. La bibliothèque mettait à la disposition des usagers des sources d’information diverses et variées, en plus des services numériques consistant à rendre accessibles les livres électroniques, les revues en ligne et les annales via le site internet. Elle disposait également d’un service d’impression, de reproduction et de photocopie. [9]
Exemple de publication sur le site facebook de la Bibliothèque des sciences du Koweït
L’équipe travaillant à la Bibliothèque comptait cinq membres : Abdullatif Al-Astal, qui occupait le poste de chef du département de la bibliothèque, Amjad Mohammed Abu Sitta, spécialiste des données et de la programmation informatique, Muawiya Al-Agha, Landa Hussein Mohammed Za’rab, Mariam Mohammed, Nimer Abdullah Ashour, tous quatre bibliothécaires.
Depuis la livraison du nouveau bâtiment en 2018, la direction aspirait à accroître les effectifs, recherchant du personnel spécialisé en « bibliothéconomie », en sciences de l’information et en secrétariat afin de développer les services. Or, compte tenu du contexte de guerre et d’occupation, du manque de moyen et de l’effectif limité, l’équipe réduite de la bibliothèque avait cessé de travailler en services distincts mais assurait l’ensemble des tâches techniques : l’approvisionnement, la réception, le tri des supports d’information et leur catalogage [10].
Description de l’état actuel incluant le site, les collections/fonds et les équipements
Date(s) de destruction :
Première destruction :
Le 7 janvier 2024 aux alentours de 23h30, des bombardements ont endommagé gravement le Collège Universitaire des Sciences et de la Technologie et sa bibliothèque [11].
Selon le media WAFA : « L’aviation militaire israélienne a visé les bâtiments du Collège Universitaire des Sciences et Techniques, situés au sud de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. » (Israeli military aircraft also targeted the buildings of the Colleges of Science and Technology, located south of Khan Yunis in the south of Gaza Strip.) [12].
Deuxième destruction :
Le 4 septembre 2025, l’armée israélienne fait sauter le campus et, vraisemblablement, fait filmer par un drone l’explosion. [13].
Image de la seconde destruction vraisemblablement filmée par un drone israélien.
Drone footage of the israeli detonation of the University College of Science & Technology in Khan Yunis today : abhorrent war crimes in broad daylight.
Description des destructions et/ou dommages :
Durant la première destruction, il semblerait que le bâtiment ait été seulement endommagé (et non détruit) [14]. Par contre, la deuxième destruction est décrite comme un « anéantissement complet » du site, qui a été “pulvérisé et détruit” par l’armée israélienne. On suppose qu’il ne reste rien de la bibliothèque [15].
État des collections / équipements/ fonds documentaires :
Il n’y a aucune information sur l’état des collections à la suite du premier bombardement. La seconde attaque ayant mené à la destruction totale du collège universitaire, nous pouvons supposer que tous les équipements et fonds documentaires de la bibliothèque ont été détruits.
Situation du personnel (sur place, déplacés, tués, blessés) :
Il n’existe pour le moment aucune information sur la situation du personnel, et s’il y a eu des personnes blessées ou tuées lors de la destruction.
Le directeur du Collège, Said al-Zebda, ingénieur en communications et informations, titulaire d’un doctorat, avait été tué le 31 décembre 2023 lors du bombardement de son quartier à Gaza ainsi que sa femme et ses enfants. Pendant 18 ans, il a travaillé à l’université en tant que chef des programmes de développement, directeur de l’incubateur de technologies et adjoint du directeur pour le développement de l’université [16].
Témoignages :
Une vidéo publiée sur instagram témoigne du moment où l’armée israélienne a fait sauter le campus, le 4 septembre 2024 [17].
Samer Abuzerr, un membre du comité exécutif Palestine Young Academy et professeur au collège universitaire des Sciences témoigne :
La menace constante des frappes aériennes, la destruction des infrastructures et le sentiment omniprésent d’insécurité ont grandement affecté chaque aspect de la vie. »
Le coût émotionnel pour chacun est immense. Jongler entre les responsabilités de mes devoirs professionnels et la sécurité et le bien-être de ma famille et de ma communauté est une lutte quotidienne. Cependant, la capacité de résilience des personnes autour de moi et leur investissement inébranlable pour l’éducation et la recherche me poussent à continuer [18]. »
Préservation, sauvegarde, restauration
Rénovation du site/sauvegarde des collections ou fonds antérieures ou en cours au 7 octobre 2023
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Interventions d’urgence durant la guerre :
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Programme de restauration/reconstruction possible :
Le site internet de l’université est resté partiellement actif après les destructions [19].
La Bibliothèque disposait avant sa destruction d’une plateforme électronique développée qui permettait l’accès aux livres à distance, le téléchargement de documents et l’accès aux annales des examens. Tous les ouvrages ne sont donc pas totalement perdus [20].
Cet outil électronique pourrait donc servir de support alternatif alors que la bibliothèque a entièrement disparue, mais on ne sait pas exactement si la bibliothèque électronique est toujours en état de marche.
Le Collège Universitaire des Sciences et Techniques ouvre néanmoins les inscriptions en décembre 2025 pour des cursus préparant au baccalauréat et à des diplômes intermédiaires dans diverses disciplines techniques, médicales et administratives [21]
Après la signature d’un mémorandum de coopération avec la Fondation Tamkeen en mars 2026, le Collège universitaire des sciences et techniques a signé un accord de coopération avec l’UNESCO début juin 2026, pour un montant total de 89 000 dollars [22]. Il s’agit de recréer un campus temporaire à Khan Younis afin de maintenir un enseignement en présentiel pour les étudiants et les étudiantes de la bande de Gaza malgré les destructions. L’accord prévoit aussi de délivrer des formations professionnelles de six mois à 400 étudiants, hommes et femmes, pour des métiers en tension : l’installation et la maintenance de panneaux solaires, la réparation des téléphones portables, la maîtrise de l’intelligence artificielle et des technologies multimédias.
D’après le doyen de la faculté, Saad El-Din El-Beltagy, le projet permet non seulement de favoriser la poursuite d’études pour un certain nombre d’étudiants, mais aussi de faciliter l’insertion professionnelle de jeunes affectés par la crise économique et humanitaire qui sévit depuis les attaques massives contre les structures éducatives palestiniennes [23] ».
Sources écrites :
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Sources iconographiques et audiovisuelles :
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Bibliothèque du collège universitaire des sciences et techniques.